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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 22:36

MallePoste.jpg  Pour ce nouveau casse-tête, un voyage s'impose sur les routes de France, en remontant le temps. Nous sommes dans les années 1800, emportés dans une voiture menée par un attelage de 4 à 5 chevaux.

Quelques écrivains ont laissé un témoignage de ce mode de transport. Un des plus parlants est celui de Victor Hugo :

" j'ai passé deux nuits en malle-poste, ce qui m'a laissé une haute idée de la solidité de notre machine humaine. C'est une horrible chose qu'une nuit en malle-poste. Au moment du départ tout va bien, le postillon fait claquer son fouet, les grelots des chevaux babillent joyeusement, on se sent dans une situation étrange et douce, le mouvement de la voiture donne à l'esprit de la gaîté et le crépuscule de la mélancolie. Peu à peu la nuit tombe, la conversation des voisins languit, on sent ses paupières s'alourdir, les lanternes de la malle s'allument, elle relaie, puis repart comme le vent ; il fait tout à fait nuit, on s'endort. C'est précisément ce moment-là que la route choisit pour devenir affreuse ; les bosses et les fondrières s'enchevêtrent ; la malle se met à danser. Ce n'est plus une route, c'est une chaîne de montagnes avec ses lacs et ses crêtes, qui doit faire des horizons magnifiques aux fourmis. Alors deux mouvements contraires s'emparent de la voiture et la secouent avec rage comme deux énormes mains qui l'auraient empoignée en passant ; un mouvement d'avant en arrière et d'arrière en avant, et un mouvement de gauche à droite et de droite à gauche, - le tangage et le roulis. Il résulte de cette heureuse complication que toute secousse se multiplie par elle-même à la hauteur des essieux, et qu'elle monte à la troisième puissance dans l'intérieur de la voiture ; si bien qu'un caillou gros comme le poing vous fait cogner huit fois de suite la tête au même endroit, comme s'il s'agissait d'y enfoncer un clou. C'est charmant. à dater de ce moment-là, on n'est plus dans une voiture, on est dans un tourbillon. Il semble que la malle soit entrée en fureur. La confortable malle inventée par M Conte se métamorphose en une abominable patache, le fauteuil Voltaire n'est plus qu'un infâme tape-cul. On saute, on danse, on rebondit, on rejaillit contre son voisin, - tout en dormant. Car c'est là le beau de la chose, on dort. Le sommeil vous tient d'un côté, l'infernale voiture de l'autre."

 

Un confort plus que rudimentaire semble-t-il... Pourtant de nombreux progrès ont été déjà réalisés à l'époque de Victor Hugo!

Le développement de la malle poste (qui deviendra en anglais mail coach) est lié à celui du commerce et à la volonté du gouvernement (Colbert à l'origine) de renforcer et d'organiser les liaisons. A l'origine, ce sont des malle-charettes qui font le lien entre les villes. Progressivement, les véhicules sont améliorés. Leur stabilité est accrue (leur poids est supérieur, l'attelage mieux fourni et quelques améliorations techniques sont apportées). Un espace (le coupé) est aménagé pour les passagers au centre du véhicule. A l'avant sont installés le cocher et le postillon (chargé d'équilibrer le véhicule et d'éviter les ornières). A l'arrière se trouve la malle postale. Le véhicule ne perd toutefois pas encore son nom de "panier à salade" dont hériteront plus tard les véhicules de la gendarmerie... Mais le témoignage de Victor Hugo ne laisse autant doute sur les cahots qui justifie cette appelation...

Le XVIIIème constitue l'âge d'or de la malle-poste, plus rapide que la diligence (plutôt réservée aux passagers). C'est à cette période que les voies postales de l'Ancien Régime sont réorganisées et développées. Des lignes régulières sont ouvertes et les relais de poste se multiplient (ils sont, en principe, éloignés d'une dizaine de km les uns des autres).

L'arrivée du rail mettra fin à cette épopée, pour de nouveaux voyages, dans des conditions probablement plus confortables et des malles qui se transforment en valises...

 

 

 

 

 

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commentaires

Vincenzo 23/12/2011 08:46

Bonjour,


cela va revenir, avec la voiture électrique, nous pourrons changer
les batteries comme autrefois, ils échangeaient les chevaux.

Bonnes fêtes


Vincenzo

writings2 23/12/2011 08:48



Autant le nom "relais de la poste" pouvait passer, autant "relais de la batterie" n'est pas terrible...  Merci pour ton humour.



fanfan 09/12/2011 20:29

Ils ne devaient pas voyager tous les jours, nos ancêtres! De véritables expéditions ... Bonne soirée

writings2 10/12/2011 22:23



En effet, nous avons beaucoup gagné en confort... Et les voyages sont ô combien plus tentants...



Jeanne Fadosi 04/12/2011 11:27

merci pour ce petit cours d'histoire pas du tout inutile et pour l'extrait de Victor Hugo. l'histoire des mots m'intéresse aussi et de malle à mail la filiation est sans ambiguïté. Le français a
plutôt gardé le courrier celui sans doute qui était porté par un coursier sur un cheval courant. Faisaient-on courir les chevaux de la malle-poste ?
belle journée

lizagrèce 04/12/2011 09:05

Et voilà comment de la malle des postes on arrive à la valise à roulettes !