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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 21:02

Il existe des livres qui, une fois fermés, laissent durablement un profond sentiment de malaise, voire d'écoeurement. Morituri (ceux qui vont mourir)de Yasmina Khadra en est un.

Les dernières oeuvres de l'auteur offrent une vision âpre de la vie, avec toutefois une lumière, l'espoir d'un monde meilleur peut-être où régnerait simplement un peu moins d'intolérance, où les hommes seraient au moins disposés à s'écouter à défaut de toujours se comprendre, à utiliser les mots avant de faire parler les armes. 

Morituri n'offre pas cette perspective. La frontière ultime a été dépassée. Il n'y  plus de retour en arrière possible, il n'y a plus rien à faire.  Les hommes vont mourir et ils le savent.

dague 

Morituri est une plongée dans l'Algérie des années 1990, alors que l'ordre cède le pas devant les barbus. Le commissaire Llob continue ses enquêtes, par devoir ou par habitude, peut-être simpleent parce qu'il ne peut en être autrement. Chaque jour, des hommes sont sauvagemment assassinés parce qu'ils portent un uniforme ou parce qu'ils sont des intellectuels. Leur statut semble suffire à jusifier leur mort et la seule question est de savoir quand sonnera l'heure de cette dernière.

Pourtant, la corruption est toujours aussi vive. Seule l'anarchie s'est étendue et le pouvoir appartient à ceux qui sont armés. L'enquête du commissaire nous mène dans ces milieux hupés pour lesquels peu de choses ont changé, dans les rues et le commissariat où la vie n'a plus de valeur... C'est une plongée dans un univers de désillusion et de désolation.

On en sort assommé, inquiet et sans comprendre comment cette situation est devenue possible et surtout jusqu'où elle pourrait aller.

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