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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 18:03

  Changement de décor pour ce nouvel article sur les statues. Je vous invite à découvrir l'oeuvre de Constantion Brancusi, sculpteur d'origine roumaine, qui a bouleversé cet art au début du XXème siècle.

 A partir d'une de ses réalisations, effectuée vers 1906, le travail mené sera sans doute plus perceptible.

Brancusi--tete-d-enfant-endormi--bronze---19070001.jpg

 L'oeuvre de départ a pour nom tête d'enfant endormi. Elle est encore assez classique. il est facile d'y distinguer l'ovale du visage, arrondi du fait de l'enfance, la pointe du menton, l'arrête du nez, les yeux, les cheveux et un haut de crâne protubérant.

 Brancusi va retenir l'aspect général de cette tête, ses éléments les plus représentatifs, pour créer de nouvelles oeuvres, plus abstraites.

Brancusi---Promethee--bronze----19110001.jpg 

En 1911, Prométhée laisse deviner ce que seront les nouveaux nés de Brancusi. Il s'agit d'une tête pesante, massive, symbôle d'une lutte permanente entre fixité et liberté, symbôle de ce Titan, intermédiaire entre les dieux et les hommes, qui peut être aussi l'artiste pris entre ses rêves, sa puissance créative, et les limites terrestres qui sont également celles de la matière.

Cette sculpture, ici en bronze, existe également en marbre et même en ciment, chacun des matériaux modifiant la perception de masse et de poids de ce personnage, qui ne demande qu'à s'élever alors qu'il est ancré au sol.

Ce qui est intéressant, c'est la façon dont cette tête a été représentée, se déshumanisant à mesure qu'elle entre dans l'abstraction, tout en restant identifiable.

 

Les nouveaux nés procèdent d'une même logique, avec un lien vers l'enfance.

Brancusi---le-nouveau-ne--marbre--19150001.jpg

 Il en existe différentes versions, réalisées à diverses époques, en modulant aussi le choix des matières. L'enfant qui pleure est caractérisé par une large bouche. Le menton est une petite courbe sinueuse. Une arrête sépare le visage en deux.

 Brancusi---Le-nouveau-ne-II--marbre----19160001.jpg

 

En 1916, la même forme est reprise, avec quelques variantes, dans la taille de la sculpture, plus grande, l'arrête centrale décalée et le menton qui n'est plus décrit que par un arc large, en limitant l'effet volume. 

 

 

La même inspiration donne également lieu à une autre oeuvre en 1917, à la fois très différente et proche : le premier cri

 lci, les traits sont plus marqués, la bouche est creusée. Et l'impression étrange produite par cette sculpture en ciment est accentuée par son socle, un élément très important dans la scénographie de Brancusi, qui ajoute à l'ensemble comme une dimension primitive.

Brancusi---le-1er-cri--ciment----19170001.jpg

 

La série des nouveaux nés n'est toutefois pas close, même si Brancusi travaille beaucoup sur ses oiseaux.

Brancusi---Le-nouveau-ne-II--bronze----19230001.jpg

En 1923, il propose une nouvelle version du nouveau né en bronze poli. L'élément nouveau est la réverbération qu'offre le disque de métal sur lequel repose la sculpture, mais aussi et surtout son socle de bois qui pourrait symboliser la matrice dont est issu ce nouveau né.

 

L'année suivante, cette forme ovale devient oeuf, en marbre ou en bronze, toujours sur un socle lui-même fixé sur un socle de bois. Brancusi célèbre le commencement du monde.

 

Alors que ses oiseaux s'affinent en partant dans l'espace, il continue à travailler les matières, ce qui nous offre en 1927 une nouvelle version du nouveau né en acier inoxydable, un être de douceur et de fragilité sculpté dans un matériau industriel.

L'acier offre toutefois des spécificités telles que c'est la seule oeuvre  pour laquelle Brancusi  l'utilise.

Brancusi---le-nouveau-ne-II--acier----19270001.jpg

 Brancusi---le-nouveau-ne-II--acier----19270002.jpg 

L'oeuvre de Brancusi est foisonnante et ce n'était qu'une illustration, une réalisation autour d'un thème et  son évolution.

Je vous laisse poursuivre la découverte.

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 21:16

 

Parmi les femmes peu ordinaires qui ont marqué notre histoire, j'aimerais rendre un hommage à celle qui a offert aux femmes la possibilité de disposer de conditions décentes pour avorter, notamment avec un soutien médical adéquat, quand cette solution dramatique, qui doit rester un choix ultime, s'impose.

Simone Veil a eu le courage, à la demande de Valéry Giscard d'Estaing, de concevoir cette loi, et surtout d'aller la défendre devant une Assemblée hargneuse qui ne l'a pas ménagée, osant les amalgames les plus indécents.

Mais même blessée, elle a su dignement tenir lors de cette discussion marathon houleuse.

simone-Veil-1974.jpg

 

Car cette femme, revenue de l'enfer d'Auschwitz et de Bergen Belsen où sa mère s'est éteinte, a toujours défendu avec ardeur ses convictions, qu'il s'agisse du droit à l'avortement, des conditions décentes d'emprisonnement des condamnés, ou encore de l'Europe (elle fut la première présidente du Parlement européen).

De nombreux combats, portés par la foi profonde de cette femme et mère de famille en la justice, en la République et ses valeurs. C'est une femme de principes, fidèle à ses convictions, capable d'écouter les autres, avec parfois aussi quelques emportements devenus légendaires.

 

Elle a témoigné de l'horreur du racisme, celui d'hier comme celui d'aujourd'hui, et de ses conséquences les plus délirantes, souvent contre ceux qui trouvent plus simple d'oublier.

 

Un bel exemple de courage et d'humanité.

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 14:26

Elle fut la soeur de Paul, l'élève et la maîtresse de Rodin, mais ces liens ne sauraient résumer la vie de Camille, ses rebellions et ses passions.

Anne Delbée lui a consacrée une biographie éblouissante, Isabelle Adjani lui a prêté ses traits dans un film remarquable.

Camille Claudel fut la vie et dans son oeuvre, cette vie transparaît, puissante, sensuelle...

Je voudrais ici évoquer une de ses oeuvres : la valse.

La-valse---Camille-Claudel0001.jpg

 

La danse est tourbillon, ivresse. L'inclinaison de la danseuse et les mouvements de sa robe s'en font l'écho.

Les corps se rapprochent, se frôlent, se touchent...

La valse est la danse des salons, celle qui peut sceller une union, un destin.

 

 

   La-valse---Camille-Claudel0004.jpg 

 

Camille donne à ce groupe un mouvement, une vie qui lui est propre.

 

Déjà les danseurs nous échappent. Ils sont plongés dan un face à face intense, tumultueux peut-être. mais dans le même temps, le vertige nous prend et le monde sembletourner autour de nous...

 

 

 

 

 

Au bronze répondent d'autres matériaux. La valse existe, en effet, aussi en gré flammé. C'est la même passion, un même mouvement, mais des subtilités apparaissent dans ces tons verts. Un écho peut-êre à une autre oeuvre de Camille, en onyx dont le titre est la vague, un élement qui emporte les corps des danseurs et probablement aussi leur âme...

La-valse---Camille-Claudel0011.jpg

 

 

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 12:41

 

Ce thème des quartiers a donné naissance il y a quelques temps à une digression sur le cubisme, notamment sur l'oeuvre de Georges Braque : En quartiers ou en cubes?

 

Aujourd'hui, pour la communauté de Bric et de Broc, je souhaiterais revenir au quartier conçu comme un lieu de vie et vous présenter un exemple d'écoquartier construit sur un lieu emblématique : l'ancien site des chantiers navals de Dunkerque.

La mer a marqué l'histoire de la ville. On a pu dire d'elle il y a quelques siècles qu'elle était, selon les heures de la journée, anglaise ou hollandaise ou encore espagnole car nombreux étaient les navires qui y faisaient escale. Il y eu également Jean Bart, célèbre corsaire de la seconde moitié du XVIIème siècle, dont la statue occupe toujours une place de choix au centre ville.

 

Les chantiers navals font partie de cette histoire. Ils s'installent sur le littoral dunkerquois en 1898, vaudront à la ville d'être détruite à 80% pendant la seconde guerre mondiale, mais feront vivre de nombreux habitants jusqu'en 1987, date de sortie du dernier navire construit à Dunkerque.

DK-chantiers-navals.png

 

 

Une page s'est tournée. Que faire dès lors de ce lieu? Le site est devenu friche, mais dans une ville dont l'histoire s'inscrit face à la mer, cette blessure ne pouvait subsister.

 

Les projets ont émergés, lentement.

 

Et un écoquartier a finalement été conçu.

 

L'écoquartier est une façon de réaménager l'espace urbain. Il se construit dans la ville, se réappropriant des zones à reconvertir plutôt que de développer un habitat diffus dans des zones de lotissements périurbaines. Il intégre également un certain nombre de règles : la mixité sociale, le choix de matériaux écologiques et des bâtiment haute qualité environnementale, des espaces verts qui ponctuent le paysage, des lieux ouverts bien desservis par les transports publics, la consultation effective des habitants...

C'est une petite révolution dans la façon de penser la ville qui peu à peu fait son chemin et se développe partout en France, à l'exemple du quartier Confluences à Lyon, la Courrouze à Rennes, la Mérigotte à Poitiers, Bourtzwiller à Mulhouse...

 

grand-large.png

 

A Dunkerque, plus de 900 logements sont prévus, associant logements collectifs et individuels. Les premiers ont été livrés il y a quatre ou cinq ans et sont aujourd'hui habités. La construction des autres se poursuit, dans des styles variés, même si les gâbles, situés en bord de mer, constituent le symbôle de ce quartier rénové. Ce sont des bâtiments de cinq étages, les plus hauts du quartier, qui alignent leur pignon en forme de cheminée.

DK---les-gables0002.jpg

 Différents bâtiments publics se sont également installés : un lycée, des salles de sport... Le FRAC a déménagé en 2013 dans le quartier, qui comprend bien évidemment un port de plaisance.

 

La ville continue sa mue et pour relier le littoral au centre-ville, des transformations interviennent qui dépassent le seul cadre du quartier du grand large.

Une belle expérience, à suivre...

 

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 02:08

Une journée ne saurait suffire à résumer les combats menés par les femmes pour certaines valeurs essentielles : la dignité, la liberté et la vérité.

Beaucoup, comme leurs compagnons, l'ont payé de leur vie.

Tel est le cas pour Anna Politkovskaia, dont le destin s'est brutalement achevé le 7 octobre 2006.

Anna.png 

 

Cette journaliste était célèbre pour sa liberté de ton, l'intransigeance de son travail,  dont témoignaient ses reportages sur la Tchéchénie. Elle croyait au rôle des médias, à leur indépendance, même si elle en savait le prix, car les menaces et les pressions ont fait partie de son quotidien.

 

Anna était une femme libre, fidèle à ses principes, courageuse et lucide.

 

Ses assassins présumés sont aujourd'hui en prison, mais l'identité du commanditaire reste inconnue. Et depuis ce 7 octobre 2006, la liberté ne cesse de reculer en Russie : d'autres journalistes ont partagé le sort d'Anna, le droit de manifester devient chaque jour plus aléatoire, les sanctions se durcissent contre tous ceux qui osent penser selon leurs convictions propres, de nombreuses associations, notamment celles qui défendent les droits de l'homme sont soumises à des contrôles tatillons, en particulier si elles reçoivent des subsides de l'étranger...

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 18:55

jardins0007.jpg 

 

 

 

Pour accompagner le retour du soleil, j'ai eu envie de vous emmener marcher au jardin, en choisissant quelques clichés dans des lieux différents, simplement pour profiter de quelques effets de feuilles et pourquoi pas y trouver quelques idées.

 

La visite commence au jardin de la petite Rochelle. Sous une arche d'if, un jeu de couleurs entre le chêne rouge et des dégradés de verts allant presque jusqu'au blanc.

jardins0006.jpg

Certaines flamboyances sont partagées avec le Pré joli, dans la vallée de Chevreuse.

 

 

Ailleurs, le contraste naît des textures, avec des tons moins marqués, comme ici au jardin Le Guell.jardins0005.jpg

 

 

 

 

De l'autre côté de la Manche, j'aime aussi les masses, dont certaines semblent ramper, de ces bouquets de graminées.jardins0004.jpg

 

Et ce pin taillé en nuage, qui évoque les jardins japonais, mais qui peut également propérer ailleurs, ici au jardin de la Casela, pour souligner une ambiance  (création d'Erik Borja). jardins0001.jpg

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2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 18:04

Nous avons tous à l'esprit ces statues équestres telles qu'elles sont réalisées aux XVIIIème et XIXème, avec des animaux superbes, fougueux, souvent cabrés.

Avec Raymond Duchamp-Villon, vers 1914, le cheval prend une toute autre dimension.

le-cheval-majeur---Raymond-Duchamp-Villon0001.jpg

Il devient une synthèse entre l'animal, dont on peut deviner la forme, et la machine.

Peut-être qu'avant de mourir pendant la première guerre mondiale, cet artiste a compris l'importance de l'acier, dans lequel il voulait que sa sculpture soit fondue, ce qui sera fait bien plus tard, dans les années 1980.

La machine fascine, avec cette dualité que renforce le choix du cheval, devenu après la Révolution française, un symbole de l'absence de limite, voire de la folie...

La machine subjuque. Elle broie aussi les hommes.

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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 12:32

papillon.png Ce papillon pourrait incarner l'image de l'éphémère, qui désigne d'ailleurs l'ensemble des insectes dont le vie est si courte et que les Anglais baptisent du joli nom de mayfly.

Une fragilité et une fugacité qui caractérisent nos vies de façon plus générale, et sans doute certaines de nos activités .

Par sa saisonnalité, c'est ainsi que se conçoit l'univers de la création, de l'habillement peut-être plus particulièrement.

Quand la création s'inspire de la nature, le cercle est-il bouclé ou est-ce au contraire une manière de surmonter, ne serait-ce que peu de temps, l'éphèmère, de le prolonger au point peut-être d'en changer la consistance?

Une question difficile auxquelles nous invitent indirectement les réalisations d'Iris Van Herpen.

P1020614.JPG 

 

Cette robe fait partie de la collection Hybrid Holism.

 

Réalisée avec la la collaboration d'une architecte, Julia Koerner, cet ensemble de vêtements est inspiré de mico-organismes. Ce sont comme des carapaces articulées qui couvrent et protège le corps. P1020617.JPG

 

 

La lumière y joue, faisant varier la perception de l'observateur et donnant à ces habits comme une vie propre.

 

Les matériaux utilisés contribuent à cette impression : bandes de cuivre, de métal, de feuilles d'acryliques transparentes, de polymères, de cristaux également.

 

 

 

 

 

Je vous laisse profiter d'un plaisir éphèmère avec d'autres réalisations de la collection, présentées lors du défilé (2012-2013).

Iris-Van-herpen.png  Iris-Van-herpen-2.png

 

N'hésitez pas à cliquer pour agrandir les photographies car c'est le détail qui change tout...

Iris-Van-herpen-3.png

 

 

 

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 21:43

chats0002.jpg 

chats0001.jpg

 

Souvent joueurs, les chats se caractérisent aussi par leur caractère sociable et curieux.

chats0004.jpg

 

 

 

Et ce qui est vrai avec leurs congénères l'est parfois

 chats0006.jpg

aussi avec d'autres espèces,

avec une véritable complicité, qui semble par ailleurs bien confortable...

chats0005.jpg 

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Published by writings2 - dans Entre faune et flore
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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 14:49

Lorsqu'un desinateur de BD, en l'occurence Juanjo Guarnido, s'inspire de Bogard, en lui donnant également une grâce féline, le résultat est des plus surprenants :

blacksad0002.jpg

 

Je vous présente John Blacksad.

Ce détective privé évolue dans l'Amérique des années 1950. Il a pour spécialité de se mettre dans des situations impossibles, mais comme tout bon chat, il finit toujours par retomber sur ses pattes. 

Dans ses histoires, écrites par Juan Diaz Canales, tous les protagonistes ont des têtes d'animaux et bien souvent les comportements associés. Ainsi, la fouine est reporter. Dans le premier tome, l'ignoble homme d'affaires véreux est un crapaud... 

C'est surprenant, sans doute même dérangeant à l'origine, mais la qualité des scénarii et des dessins, la crédibilité de l'ambiance, nous font vite tomber sous le charme de cette série, qui compte actuellement cinq volumes.

Les deux auteurs travaillent dans le monde de l'animation et cela se ressent dans le mouvement donné aux personnages et à l'action. Et si Blacksad et sa soeur partagent une certaine grâce féline, le neveu est pluôt dans le caractère joueur et un rien pataud des chatons.

Une belle réussite à découvrir.

 

 

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