Babylone évoque dans l'imaginaire collectif une somptueuse cité antique, avec ses jardins suspendus et ses remparts (qui figuraient parmi les huit merveilles du monde).
Cette image est le résultat des travaux d'aménagement réalisés notamment par Nabuchodonosor, qui est aussi à l'origine de l'exil des Juifs et ne jouit pas, de ce fait, d'une réputation très flatteuse dans l'Ancien testament. Ce règne, qui se situe vers 600 avant Jésus Christ est pourtant emblématique du renouveau de Babylone.
Mais la cité est beaucoup plus ancienne et c'est un autre roi de Babylone, également célèbre, que je souhaite évoquer aujourd'hui. Remontons donc encore un peu le temps, entre 1790 et 1750 environ avant Jésus-Christ.
Babylone n'est alors qu'une petite principauté, sans doute moins célèbre que Mari, Uruk, Ninive, Akkad ou Eshnunna, des villes voisines.
Hammourabi va peu à peu conquérir chacun de ces territoires, parfois grâce à des alliances, qui évoluent au grès des conquêtes et des enjeux. Mari, par exemple, est longtemps une alliée, avant de succomber à une attaque d'Hammourabi.
Mais toute extension de territoire suppose une organisation garantissant une certaine homogénéité, qui passe par des règles de droit similaires dans toutes les régions du Royaume.
C'est ce dont témoigne le Code d'Hammourabi, une stèle de basalte de plus de 2 mètres de haut, découverte à Suse et conservée désormais au Louvre.
La scène qui domine la stèle représente Hammourabi recevant l'investiture du dieu Shamash (le soleil, associé à la justice). Puis est gravé un long prologue qui rend hommage à l'œuvre du roi et à sa sagesse.
Vient ensuite ce qui pourrait s'apparenter à un recueil de décisions juridiques. En 282 textes, il traite de la famille, de l'esclavage, de la propriété, de transactions commerciales, de certaines professions., etc.
C'est le corpus juridique le plus complet qui a traversé les âges depuis l'Antiquité et qui évoque déjà certaines notions telles que la présomption d'innocence, la preuve de la culpabilité et des sanctions sévères, assimilables, du moins quand il est fait atteinte à la vie ou à l'intégrité d'un des membres de la caste supérieure, à la loi du Talion. Il existe, en effet, trois catégories sociales, pour lesquelles les sanctions sont différentes, un esclave n'ayant pas la valeur d'un homme libre et encore moins celle d'un notable.
Ces règles, qui ont pu inspirer d'autres textes, offrent un témoignage remarquable de l'organisation sociale à Babylone.