"Etre libre, ce n'est pas seulement se débarasser de ses chaînes; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres" . (Mandela)
Le 11 février 1990, après 27 ans, 6 mois et 6 jours d'emprisonnement, un homme était libéré.
Les caméras du monde entier ont retransmis l'image de cet homme aux cheveux blancs, au pas incertain et au sourire étonné... qui trois ans plus tard (le 5 décembre 2013) sera président de l'Afrique du Sud.
Nelson Mandela, c'est une force morale extraordinaire, qu'il aurait notamment puisé dans le poème de William E. Henley, Invictus, cité plus bas.
Cette force l'a porté tout au long de sa détention, autant les premières années quand il était condamné aux travaux forcés que dans les suivantes face aux pressions dont il était l'objet pour renoncer à son combat politique, ses conditions de détention ayant toutefois été améliorées grâce à la mobilisation de la communauté internationale.
Car Nelson Mandela est une figure majeure de l'ANC (African National Congress), et de la lutte contre l'Apartheid, en tant qu'avocat d'abord puis militant pacifiste et enfin, après le massacre de Sharpeville, partisan d'une action plus marquée avec le sabotage de symbôles d'un régime politique honni, en respectant cependant toujours la vie des uns et des autres.
La force de Mandela, qui se traduit dans son sourire, est sans doute, malgré tout ce qu'il a vécu, sa volonté de réconciliation, vis-à-vis des Blancs mais aussi des autres communautés et organisations noires, dont l'Inkhata.
Alors que le pays est divisé et sombre dans la violence, il oeuvre à cette réconciliation et, quand il devient président, son gouvernement est d'union nationale, associant des ennemis d'hier pour construire l'avenir.
Certes, Mandela n'a pu régler tous les problèmes économiques et sociaux. mais il lui a permis d'avancer, en lien avec Frédéric De Klerk avec lequel il a reçu le prix Nobel de la Paix, laissant à la postérité l'image d'un homme de conviction et de rassemblement.
"Du fond de la nuit qui me couvre
Noire comme le gouffre du nord au Sud
Je remercie les dieux quels qu'ils soient
Pour mon âme indomptable.
Dans l'étreinte étouffante des circonstances,
Je n'ai ni crié ni gémi.
Sous les coups du hasard,
Mon front est en sang mais toujours dressé.
Au-delà de ce monde de colère et de larmes,
Ne se profile que l'horreur de la nuit,
Et pourtant la menace des années
Me trouve, et me trouvera, libre de toute peur.
Peu m'importe l'étroitesse du passage
Et le poids de l'acte d'accusation.
Je suis le maître de mon destin :
Je suis le capitaine de mon âme."
William Ernest Henley - Invictus

