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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 15:54

Yasmina Khadra offre à ses lecteurs une perspective nouvelle sur l'Algérie, sur ses relations avec la France, sur les Hommes de façon plus générale. A l'évocation du nom de l'auteur, quelques titres viennent immédiatement à l'esprit, à l'exemple de Ce que le jour doit à la nuit, l'attentat, les hirondelles de Kaboul, les sirènes de Bagdad, l'équation africaine...

 

Ma découverte de l'auteur remonte aux Agneaux du Seigneur, une plongée terrifiante dans l'Algérie des années 1990 et de la terrible guerre civile qui  meurtrissait alors le pays.

 

 

 

part-du-mort.jpg

La part du mort remonte un peu plus loin dans le passé, un ou deux ans seulement. Le roman met en scène le commissaire Brahim Llob, un homme intègre (ce qui semble être une situation très exceptionnelle dans un pays gangréné par la corruption) qui essaie, tant bien que mal de faire son travail, notamment à Alger.

 

 

Ce livre a contribué à faire connaître Yasmina Khadra en Occident. Il décrit crument une société en déliquescence, les jeux d'influence de ceux qui ont l'argent et dont le glorieux passé de combattants de la liberté n'est pas toujours conforme au mythe.

 

 

La part du mort est l'histoire d'une machination dans lequel le commissaire Llob est conduit à agir, pour sauver son lieutenant, pour casser un mythe aussi et conduire au "suicide" d'un homme puissant, sans que le bénéfice de cette disparition soit évidente pour le peuple d'Alger...

 

La machine broie ceux qui s'y oppose, ainsi que les indécis, alors que le voile se lève sur l'épuration effectuée après le départ des Français, le meurtre des Harkis et de quelques familles fortunées dont les "Libérateurs" ont parfois su profiter.

 

Les excès du FLN sont clairement pointés du doigt, ainsi que la menace sourde de ceux qui veulent s'opposer à la corruption ambiante, au nom de principes et avec des méthodes plus que discutables. Ceux qui ne cherchent que la vérité sont souvent broyés, tout comme les indécis. Le régime de la terreur est déjà présent...

 

 

Le style est sans fioriture ni complaisance, à la mesure de ce peuple qui tente de survivre dans l'amertume de lendemains volés. Le constat fait peur, d'autant qu'il pourrait sans doute s'appliquer à d'autres lieux, encore aujourd'hui. Une porte ouverte sur le néant...

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