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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 11:00
Statuaire médiévale : Maître Gislebert
Statuaire médiévale : Maître Gislebert
Statuaire médiévale : Maître Gislebert

Son nom figure sur le fronton de l'église Saint Lazare d'Autun. La formulation est toutefois telle que les historiens s'interrogent pour savoir s'il s'agit de l'artiste ou du commanditaire.

Il est indéniable qu'un sculpteur de grand talent a œuvré dans ce lieu de culte au XIIème siècle, en pleine apogée de l'art roman en Bourgogne. Sans entrer dans des discussions de spécialistes, il semble plus simple d'utiliser pour le désigner le nom inscrit sur le fronton.

Le parcours de cet artiste est empli de mystères, le seul lien pour guider le visiteur étant le style des sculptures, sachant toutefois que le sculpteur a sans doute enseigné son art à des disciples, et que, dès lors, une certaine similitude entre différentes œuvres est possible alors même que l'auteur est différent.

Gislebert ou Gislebertus aurait été formé à Vézelay, avant de rejoindre le chantier de l'église Saint Lazare à Autun. Peut-être est-il également passé à Cluny.

Certaines des statues d'Autun lui sont formellement attribuées. tel est le cas du tympan de l'église, mais également des rois mages, d'Eve, de la fuite d'Egypte ou du suicide de Judas, ces dernières ornant des chapiteaux.

Selon les scènes décrites, le style change. Le jugement dernier du tympan ou le suicide de Judas sont sombres et dépouillées, supposées inspirer la peur face au mal, avec des démons comme témoins. Pour les autres scènes, les personnages semblent comme protégés par un cocon, la femme veillant sur l'enfant, l'ange sur les rois mages. Dans les gestes protecteurs, dans le regard de la mère, il y a une grande douceur, pour symboliser sans doute une part du meilleur en l'homme.

Ce sont, au-delà de la symbolique, très importante à une époque où la bible se raconte en images, ce sont de très belles sculptures, admirables par leur finesse.

Statuaire médiévale : Maître Gislebert
Statuaire médiévale : Maître Gislebert
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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 10:43
Une crypte romane à Orléans : Saint Aignan

Les villes résultent d'une juxtaposition dans le temps de constructions et d'aménagements. On bâtit sur des décombres mais aussi à partir de l'existant, créant ainsi des mémoires multiples.

Le lieu que je vais évoquer ne fait pas exception. A proximité de la Loire, dans ce qui est aujourd'hui la ville d'Orléans, il fut à l'origine un temple romain avant de devenir une église, à l'origine à l'extérieur des remparts de la ville. Le prélat Saint Aignan, par ses prières, peut-être une certaine diplomatie et l'appel aux légions romaines d'Aetius, y aurait empêché le massacre des habitants en 451, face au "fléau de Dieu", Attila.

Le sauveur de la ville, dix siècle avant Jeanne d'Arc, fut canonisé et ses reliques précisément conservées dans une crypte romaine créée par Robert le Pieux à la fin du XIème siècle sous une église romane nommée en hommage au saint.

Ces reliques reposaient dans un martyrium, sorte d'énorme tombeau, dont les murs étaient percés de fentes pour permettre aux pèlerins de les apercevoir, voire de les toucher avec leurs cannes et d'acquérir un peu de la bénédiction du saint.

La crypte, conservée malgré les vicissitudes qui ont eu plusieurs fois raison de l'église qui la dominait, se dessine comme le chœur partiel d'un édifice religieux, avec un déambulatoire desservant à l'origine cinq chapelle. Quatre d'entre elles ont été comblées, sans doute pour consolider les fondations de la nouvelle église. Mais leurs piliers ont été mis à jour dans les années 1950, permettant d'admirer leurs sculptures, à l'origine polychromes.

Un bel endroit, qui ne se découvre que rarement.

Une crypte romane à Orléans : Saint Aignan
Une crypte romane à Orléans : Saint Aignan
Une crypte romane à Orléans : Saint Aignan
Une crypte romane à Orléans : Saint Aignan
Une crypte romane à Orléans : Saint Aignan
Une crypte romane à Orléans : Saint Aignan
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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 12:44

L'abbaye de Fontevraud, en Anjou, est notamment célèbre pour ses hôtes royaux. Quatre représentants de la famille des Plantagenêts y reposent, sans doute parmi les plus célèbres : Henri II d'Angleterre, Aliénor d'Aquitaine, Richard Coeur de Lion (leur fils) et Isabelle d'Angoulême, épouse de Jean sans terre.

Quatre dépouilles royales et surtout quatre gisants qui les symbolisent et sont exposés à la vue des visiteurs.

P1020260.JPG 

Ces statues sont polychromes, typiques de l'art roman et révelatrices d'une coutume qui consistait pour les rois à se choisir une église comme nécropole.

 

L'origine des Plantagenêts explique leur présence en ce lieu. Car ces rois d'Angleterre étaient à l'origine des nobles des régions d'Anjou et du Maine.

 

Aliénor d'Aquitaine est l'héritière du duché d'Aquitaine, une province associée au royaume de France à la suite de son mariage avec Louis XVII, mais qui ne lui a pas été fusionnée (le contrat de mariage prévoyait une fusion à la seconde génération). Mariée très jeune au roi de France, elle l'accompagne dans sa croisade, et serait à l'initiative de l'annulation de son mariage pour consanguinité.

 

Elle épouse en 1152 Henri de Plantagenêt, comte d'Anjou,  qui obtient le trône d'Angleterre deux ans plus tard.

P1020261

 

Richard Coeur de Lion est le fils le plus connu du couple royal. Le dernier,

Jean sans terre, sera celui qui verra son héritage recentré sur l'Angleterre avec la perte de territoires anciens tels que l'Anjou et le Maine.

 

 

Les gisants reposent au milieu de l'église, dont la présentation mérite bien un autre article.

 

Pour la petite histoire, ils ont été plusieurs fois déplacées lorsque l'abbaye est devenue prison et Napoléon III les auraient offerts à la reine Victoria, avant de devoir se rétracter face aux protestations de personnalités françaises.

De belles statues qui ont une valeur tant symbolique qu'historique.

 

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22 octobre 2013 2 22 /10 /octobre /2013 20:06

L'art roman s'est décliné dans de nombreux pays d'Europe.

Je vous invite à la découvrir en Italie, et plus exactement à Florence.

baptistere-Saint-Jean---Florence0002.jpg

Ce bâtiment est une partie d'un ensemble plus vaste, composée notamment de la cathédrale Santa Maria, construite quelques siècles plus tard (lors de la Renaissance italienne), en s'inspirant notamment, pour sa partie basse, du baptistère.

L'extérieur du baptistère date des XI et XII ème  siècles, à l'exception du parement bicolore des angles, de style gothique et de ses somptueuses portes, réalisées aux XIV et XVème siècles.

Il s'inspire de l'architecture du Panthéon de Rome, même s'il est octogonal et non circulaire.

Consacré en 1059, le baptistère présente une voûte en arc de cloître. Son étage paré de marbre avec des pilastres plats est un peu plus récent puisqu'il a été réalisé entre 1090 et 1128.

Un très joli lieu de baptême pour les Florentins.

Je terminerai, avec un petit saut dans le temps, car tout bâtiment subit des transformations architecturales, en vous présentant les portes du paradis de Ghiberti réalisées entre 1425 et 1452. 

 baptistere-Saint-Jean---Florence0001.jpg

 

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 11:27

Aulnay-de-Saintonge0003.jpg

Entre Poitou et Charentes, sur la route qui relie Poitiers à Saint Jean d'Angély, cette église du XIIème siècle, bâtie un peu à l'écart du village, offre bien des surprises.

Aulnay de Saintonge 

Saint Pierre d'Aulnay, construite à partir de 1140, accueille encore des pélerins sur le chemin de Compostelle. C'est un chef d'oeuvre, classé au patrimoine mondial de l'UNSECO, dont les sculptures racontent, à l'exemple des nombreuses églises romanes, une histoire dont nous avons malheureusement perdu beaucoup de clés.

 

Un premier arrêt s'impose devant les portails, notamment le portail sud.

Il comprend quatre niveaux ou archivoltes. Aulnay de Saintonge0005

Sur le premier arc, six animaux représentent les six jours de la créations.

Sur le second, 24 personnages (prophètes et apôtres) symbolisent les 24 heures du jour.

Le troisième arc accueillent les viellards de l'Apocalypse. Ils devraient être également au nombre de 24, mais par soucis d'harmonie sans doute, et de signification (ils ne pouvaient pas prendre la place des apôtres et prophètes), ils sont 31 à occuper l'ensemble de la voussure.

Sur le quatrième arc se côtoient animaux antiques, fabuleux ou très locaux (l'âne par exemple), qui symbolisent les vices que la prière des vieillards, alliée à la force des apôtres et des prophètes, saura combattre.

Aulnay de Saintonge2

Je ne dispose malheureusement pas des compétences nécessaires pour vous donner plus de détails. Mais le combat entre le bien et le mal, la vertu et le vice, se poursuit au sein de l'église.

Les chapiteaux en témoignent, qui poursuivent ce fabulaux bestiaire, en y associant un animal sans doute étrange et inquiétant à l'époque : l'éléphant.

Aulnay de Saintonge4

Aulnay de Saintonge3bis

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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 06:22

Issoire---St-Austremoine0001.jpg 

Après la découverte de  La chapelle de la jambe de fer , au détour d'un chemin de randonnée dans les Vosges,  je vous invite à découvrir un édifice religieux plus imposant, une merveille de l'art roman qui se dresse à Issoire en Auvergne.

Je suis tombée sous le charme de ses couleurs vives, comme elles existaient peut-être au Moyen-Age, et dont la restauration d'autres églises s'est inspirée.

Mais ne précipitons pas la visite...

St Austremoine - Issoire - chevet Saint Austremoine doit son nom au martyr qui a évangélisé la région en 250 et créé un premier monastère à Issoire en 260, où il a été tué.

Le bâtiment lui a survécut un peu plus de 200 ans avant d'être détruit par les Wisigoths. L'abbaye actuelle, qui cotôyait aussi un monastère,  a été construite vers 950. Comme beaucoup d'églises, elle n'a pas été épargnée par le temps, notamment par les guerres de religion et la révolution. Mais elle a toujours été rebâtie.

Saint Austremoine mesure plus de 65 mètres de long, pour une hauteur de quasiment 19 mètres sous voûte qui atteint 23 mètres sous la coupole, dont la forme se retrouve dans d'autres églises romanes d'Auvergne, notamment à Clermont Ferrand.

Le chevet y est joliment décoré. Il est orné d'un zodiacal complet, des symbôles plus paiens que religieux.

Issoire - chevet 

Issoire - zodiacal  Les signes du zodiaque représentés ici semblent être le bélier et le taureau.

L'intérieur de l'église a été peint en couleur entre 1857 et 1860 par Anatole Dauvergne, avec une dominante rouge très marquée, que je vous laisse apprécier.

Issoire - colonne2 

Issoire - chapiteau2

 Ces colonnes et chapiteaux appartiennent au choeur, qui mérite bien d'être vu dans son ensemble.

St Austremoine - Issoire

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 14:41

Saint-Savin270.jpg

 

A une cinquantaine de kilomètres de Poitiers, il est un lieu magique...

 

Il s'agit d'une église ou plus précisément d'une abbaye, édifiée dans la commune de Saint Savin sur Gartempe.

 

 

Il y a bien longtemps, à l'époque carolingienne, des moines se sont installés sur les bords de la Gartempe et ont construit quelques édifices dont, à partir de 1023, ce superbe bâtiment de style roman. stsavin-chapiteau.jpg

 

 

 

La règle bénédictine y était appliquée et l'apogée de l'abbaye fut telle que des moines essaimèrent pour créer de nouvelles communautés.

 

 

L'histoire n'a toutefois pas épargné l'abaye, notamment au temps des guerres de religion, d'où la présence de bâtiments plus récents (flèche du XVème siècle, bâtiment monastique du XVIIème siècle). Ce n'est qu'au XIXème siècle, sous l'impulsion de Mérimée, que des efforts sont entrepris et l'abbaye est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1983) .

 

 

 

 

L'architecture romane mérite la visite, mais le plus remarquable dans cette abbaye est l'ensemble de fresques qui recouvrent la nef. A 17 m de hauteur, ce sont 460 m2 de dessin qui racontent au visiteur l'histoire de la Bible.

 

 

On y retrouve quelques personnages et épisodes célèbres : Adam et Eve, Abel et Caïn, la tour de Babel, l'arche de Noé... La liste est loin d'être exhaustive...

 

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Un livre d'images extraordinaire, conçu à une époque où bien peu de fidèles savaient lire mais où ils connaissaient parfaitement l'Ancien Testament.

 

 

La qualité picturale est remarquableSt-Savin0001.jpg

 

 

Des fresques d'un autre style peuvent aussi être admirées dans la crypte, en hommage aux deux martyrs à l'origine de l'installation de l'abbaye (du moins de son lieu d'implantation, souvent décidée au Moyen-Age selon les reliques découverts)

 

 

Saint-20Savin--20Peinture-20de-20la-20crypte.jpgSi vous passez près de Poitiers, n'hésitez pas à vous arrêter...

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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 13:41

 

Cathedrale---Zamora---XIIe---coupole-byzantine-d-ecaille.jpg Un lien entre les thèmes des toitures et des églises : une coupole de pierre surprenante qui couvre une église, ou plus précisément une cathédrale qui ne l'est pas moins.

 

Bienvenue à Zamora!

 

Sa cathédrale, construite au XIIème siècle, est un superbe exemple de l'art roman espagnol. Elle est l'emblème de la ville.

 

Je vous laisse apprécier ses écailles de pierre, sa coupole d'inspiration byzantine et, bien sûr, son aspect général sur cette dernière photo de Spain Info.

 

 

zamora - photo Spain info

 

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 19:26

08022008(029)   Bienvenue à Cluny!

    

    A une heure de Lyon et un peu plus de deux heures de Paris (1h20 en TGV jusqu'à Mâcon et 40 minutes d'autocar - ligne 7 ou 9), Cluny vous accueille au coeur de la Bourgogne.

     Cette petite ville a longtemps été un haut lieu de la Chrétiente. Tout a commencé au Xème siècle, en 909 ou 910 lorsque le comte de Mâcon signe le document fondateur de l'abbaye et la place sous l'autorité immédiate du pape. L'abbé est choisi par les moines, indépendamment des évêques et seigneurs locaux. La vie des moines est régie par la régle bénédictine et l'abbaye se développe, ce dont témoigne encore l'architecture des lieux.

          

      250px-Dehio_212_Cluny.jpg

A la première abbaye, construite entre 910 et 937 s'ajoutent progressivement des bâtiments . En 1220, l'abbatiale de Cluny, dont le plan est reconstitué dans le croquis, est le plus grand édifice religieux d'Occident. Elle le restera pendant près de trois siècles, jusqu'à la construction de la basilique Saint Pierre de Rome.

Le rayonnement de cette abbaye est due à plusieurs critères : son indépendance d'une part, l'action de ses abbés qui surent longtemps la conserver et faire de Cluny un centre culturel majeur du Moyen Age, et sa position géographique qui en faisait un noeud de circulation entre le Nord et le Sud.

Cluny est célèbre alors pour sa bibliothéque et la qualité de ses moines copieurs. Toutefois, dès le XIIème siècle, les Bénédictins sont de plus en plus contestés, notamment sous l'influence des Cisterciens (plus austères). L'extension de l'abbaye génère aussi des difficultés financières. Le nombre de moines y décroit. Le déclin est renforcé par les guerres de religion et en 1516, l'abbaye perd son indépendance.

 

Elle est l'objet de graves dégâts lors de la Révolution et ce qui subsiste de l'abbaye ne réprésente qu'environ 10 % de ce qu'elle a été. 

 

07022008(009)         Pourtant, l'abbaye reste imposante. Ce fut un lieu de pouvoir et cela se ressent encore. Ce fut aussi un lieu de reccueillement et cet ensemble de style roman ne laisse pas indifférent.

 

L'abbaye demeure aussi un lieu de vie et de culture, d'autant que ses bâtiments accueillent l'école Arts et Métiers Paris Tech. 

A découvrir...                     

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