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8 mars 2017 3 08 /03 /mars /2017 17:44
Une femme contre l'obscurantisme : Al-Shymaa Kway Geer

 

Dans de trop nombreux pays d'Afrique subsistent des croyances au nom desquelles des minorités sont tuées chaque jour. Tel est le cas des albinos, victimes de meurtres ou d'amputations, car leur corps donnerait chance et prospérité à celui qui en détient un élément, macabre amulette.

L'albinisme est une maladie génétique qui se traduit, faute de mélamine en quantité suffisante, par une absence de pigmentation de la peau, des cheveux et des yeux. Elle peut être totale ou partielle, mais peut souvent également être source de déficience visuelle et d'une fragilité particulière à toute exposition au soleil.

Le nombre d'albinos dans le monde est de l'ordre d'1 individu sur 20 000, proportion toutefois très variable d'un pays à un autre. Dans certaines régions de Tanzanie par exemple, leur densité peut être dix fois plus élevée. Malheureusement, leur nombre plus important ne les protègent pas de l'obscurantisme.

Mais en Tanzanie, le combat est mené en faveur de ces personnes, même si les mentalités restent difficiles à faire bouger.

Al-Shymaa Kway Geer fait partie de celles et ceux qui essaient de faire évoluer la situation. Elle-même atteinte d'albinisme, elle a recueillie plusieurs enfants orphelins victimes des préjugés liés aux albinos, parfois meurtris dans leur chair.

Nommée députée en 2008 pour deux ans, elle a défendu la cause de ces personnes. Un autre député albino lui a succédé et désormais, les sorciers sont arrêtés pour certaines de leurs pratiques. 

La lutte contre la haine et l'obscurantisme est un combat de longue haleine. Mais si cette minorité doit continuer à porter chance à tout un peuple, il serait souhaitable que ce soit pas au prix de sa vie, mais plutôt que cette dernière soit au contraire la garante de la prospérité attendue. 

 

 

Al-Shymaa Kway Geer

Al-Shymaa Kway Geer

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 14:01

"Etre libre, ce n'est pas seulement se débarasser de ses chaînes; c'est vivre d'une façon qui respecte et renforce la liberté des autres" . (Mandela)

Nelson Mandela : croire et agir pour des lendemains meilleurs

 

Le 11 février 1990, après 27 ans, 6 mois et 6 jours d'emprisonnement, un homme était libéré.

Les caméras du monde entier ont retransmis l'image de cet homme aux cheveux blancs, au pas incertain et au sourire étonné... qui trois ans plus tard (le 5 décembre 2013) sera président de l'Afrique du Sud.

Nelson Mandela : croire et agir pour des lendemains meilleurs

Nelson Mandela, c'est une force morale extraordinaire, qu'il aurait notamment puisé dans le poème de William E. Henley, Invictus, cité plus bas.

Cette force l'a porté tout au long de sa détention, autant les premières années quand il était condamné aux travaux forcés que dans les suivantes face aux pressions dont il était l'objet pour renoncer à son combat politique, ses conditions de détention ayant toutefois été améliorées grâce à la mobilisation de la communauté internationale.

 

Car Nelson Mandela est une figure majeure de l'ANC (African National Congress), et de la lutte contre l'Apartheid, en tant qu'avocat d'abord puis militant pacifiste et enfin, après le massacre de Sharpeville, partisan d'une action plus marquée avec le sabotage de symbôles d'un régime politique honni, en respectant cependant toujours la vie des uns et des autres.

 

La force de Mandela, qui se traduit dans son sourire, est sans doute, malgré tout ce qu'il a vécu, sa volonté de réconciliation, vis-à-vis des Blancs mais aussi des autres communautés et organisations noires, dont l'Inkhata.

Alors que le pays est divisé et sombre dans la violence, il oeuvre à cette réconciliation et, quand il devient président, son gouvernement est d'union nationale, associant des ennemis d'hier pour construire l'avenir.

Certes, Mandela n'a pu régler tous les problèmes économiques et sociaux. mais il lui a permis d'avancer, en lien avec Frédéric De Klerk avec lequel il a reçu le prix Nobel de la Paix, laissant à la postérité l'image d'un homme de conviction et de rassemblement.

Nelson Mandela : croire et agir pour des lendemains meilleurs

"Du fond de la nuit qui me couvre

Noire comme le gouffre du nord au Sud

Je remercie les dieux quels qu'ils soient

Pour mon âme indomptable.

Dans l'étreinte étouffante des circonstances,

Je n'ai ni crié ni gémi.

Sous les coups du hasard,

Mon front est en sang mais toujours dressé.

Au-delà de ce monde de colère et de larmes,

Ne se profile que l'horreur de la nuit,

Et pourtant la menace des années

Me trouve, et me trouvera, libre de toute peur.

Peu m'importe l'étroitesse du passage

Et le poids de l'acte d'accusation.

Je suis le maître de mon destin :

Je suis le capitaine de mon âme."

William Ernest Henley - Invictus

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 11:50

La petite fille sur la photographie s'appelait Aline. Arrêtée avec sa mère en 1942, elle en a été séparée et est restée seule, ou plutôt avec des milliers d'autres enfants, plusieurs semaines avant d'être déportée à son tour. Elle avait tout juste trois ans quand elle a été gazée à Auschwitz.

Une triste histoire, malheureusement semblable à tant d'autres...

Cette petite fille est devenue  le symbôle de tous les enfants internés temporairement à Pithiviers, Beaune-la Rolande, Drancy... des camps gérés par les autorités françaises, avant de disparaître, broyés dans un système dédié à leur extermination.

Sa photographie est devant un fragment de baraquement, à l'image de celui où elle a vécu quelques semaines. 

L'ensemble se trouve au Mémorial des enfants du Vel d'Hiv à Orléans, à l'initiative du CERCIL (centre d'études et de recherches sur les camps d'internement du Loiret). Un lieu qui retrace l'histoire de trois camps : Jargeau, Beaune-la-Rolande et Pithiviers, depuis l'enfermement des hommes juifs étrangers en 1941 pendant un peu plus d'un an, avant les rafles et l'usage de ces lieux comme centres de rassemblement pour les trains de la mort.

La mémoire des enfants du Vel d'Hiv

Ce lieu présente l'histoire de familles, souvent totalement anéanties, ou dont un membre a miraculeusement survécu, perpétuant longtemps le souvenir ou contribuant à l'enrichir par des mots, des photographies ou des objets parfois.

La visite s'achève dans une pièce où sont affichés tous les noms des enfants passés dans ces camps, avec parfois des photos, parfois simplement un nom et un prénom, et au centre un écran où défilent de trop courtes biographies.

La mémoire des enfants du Vel d'Hiv
La mémoire des enfants du Vel d'Hiv

Le silence s'installe et le visiteur sort songeur, pensant à tant de vies gâchées, mais aussi aux responsabilités de chacun, des autorités comme des particuliers, hier comme aujourd'hui alors que des massacres se poursuivent, à l'exemple de celui des Yézidis.

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26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 13:07

En cette journée de grève où prendre le train est une vraie galère, je vous propose un voyage dans le passé, dans des trains que personne n'aurait souhaité prendre..

Un condensé musical de l'Holocauste

Pour rendre hommage à leurs passagers, aux rares qui sont revenu ainsi qu'aux disparus, Steve Reich a composé en 1988 Differents trains. Il y dresse un parallèle musical entre ces trains, qui circulaient en Europe dans les années 1940, et ceux qu'il prenait enfant aux Etats-Unis.

 

Seule la partie relative à l'Europe en guerre est reprise ici.

Dans l'oeuvre de Steve Reich, elle est précédée d'une première partie, une description musicale des trains aux Etats Unis, avant la guerre, plus colorée et au rythme infiniment plus agréable.

 

La composition de ce morceau dédié à l'Europe pendant la guerre est surprenante avec un quartet de violons, alto et violoncelle, auquel se mêlent des bruits et des voix désincarnées, celles de survivants. Le texte, les sons, le rythme, tout concourt à créer une ambiance pesante, lancinante, insupportable... Un enfant, l'invasion allemande, la dénonciation, ce train qui semble tout broyer, puis les sirènes et le silence alors que s'élève la fumée des cheminées où se consument tant de corps...

 

La musique est accompagnée par des images, celles des disparus de Birkenau, des trains, les survivants... Le tourbillon emporte le spectateur et le laisse pantelant, mal à l'aise, écoeuré par cette condamnation brutale.

Voici le lien pour regarder cette oeuvre. Je vous transmets ensuite la traduction des paroles.

http://youtu.be/CSPW9lTN6oQ

 

 

Le jour de mon anniversaire.

Les Allemands sont entrés,

sont entrés à pied en Hollande.

Les Allemands ont envahi la Hongrie.

J'étais à l'école primaire.

J'avais un professeur,

un homme très grand, ses cheveux étaient gominés.

Il a dit : " des Corbeaux Noirs ont envahi notre pays il y a de nombreuses années " et il m'a montré du doigt.

Plus d'école !

Il faut que tu partes

et elle a dit : " Va-t’en vite ! "

et il a dit : " Ne respire pas ! "

dans ces wagons à bestiaux

pendant 4 jours et 4 nuits

ensuite nous sommes passés par ces endroits aux noms étranges

Des noms polonais

Là il y avait beaucoup de wagons à bestiaux

Ils étaient bourrés de monde

Ils nous ont rasés

Ils nous ont tatoués un matricule sur le bras

Des flammes montaient vers le ciel - il y avait de la fumée.

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8 mars 2016 2 08 /03 /mars /2016 11:45
La dame de Rangoon ou l'espoir du Myanmar...

Le 1er février, les membres de la ligue nationale pour la démocratie ont investi le Parlement birman, concrétisant l'immense succès remporté en novembre et marquant peut-être une nouvelle ère pour le Myanmar après des années de dictature.

Aung San Suu Kyi, la Dame de Rangoon, est un des acteurs de ce changement.

L'engagement en héritage?

Aung San Suu Kyi est la fille d'Aung San, un des artisans de l'indépendance de la birmanie vis-à-vis du Royaume Uni. Très tôt, il organise des manifestations d'étudiants et, alors que le pays est envahi par le Japon, organise un mouvement pour libérer son pays des britanniques.

Assassiné le 19 juillet 1947 alors qu'il l vient de négocier un accord avec l'ensemble des forces du pays, y compris ses minorités, pour un départ des Anglais en 1948, il est, aux yeux des Birmans un héros national.

Aung San

Aung San

La démocratie dans le pays est toutefois bien éphèmère. Un coup d'Etat, fomenté par le général Ne Win en 1962, plonge le pays dans la dictature et un isolement complet.

En 1988, en raison du marasme économique, de violentes émeutes ont lieu contre le régime. L'armée tire sur la foule. Des millers de victimes sont à déplorer.

Une junte militaire, composée de généraux issus du régime antérieure, prend le pouvoir. Il s'agit du SLORC, rebaptisé SPDC en 1997 et qui modifie à son arrivée au pouvoir le nom du pays en Myanmar.

C'est alors que la Dame de Rangoon, qui vivait alors en Angleterre avec son mari et ses enfants et était venue à Rangoon au chevet de sa mère mourrante, entre en scène. Elle soutient les manifestants, créé la ligue nationale pour la démocratie et est arrêtée.

Elle a le choix entre se taire et retourner en Angleterre, ou être assignée à résidence dans la demeure familiale. Pour la Birmanie et sans doute pour la mémoire de son père, elle reste.

En quelques jours, elle est devenue un symbôle, son discours devant près de 50 000 personnes, debout sur les marches de la pagode Shwedagon en août 1988, résonnant comme en écho au discours de son père, prononcé à ce même endroit, en 1947, en faveur de l'indépendance.

Une femme de convictions

Commence alors un long combat, pour cette femme qui croit en l'universalité des droits de l'homme, à la force du dialogue et de la non-violence, et qui refuse tous les extrémismes.

"Le courage vient en cultivant l'habitude de refuser que la peur guide l'action"

La dame de Rangoon ou l'espoir du Myanmar...

Depuis 1967, Aung San Suu Kyi a vécu en Inde, où sa mère fut Ambassadrice, puis en Angleterre. Rien ne semblait la préparer à ce retour en Birmanie, et aux longues années de détention ou d'assignation à résidence qui suivront (15 ans).

Mais la Dame croit en son pays et en ses convictions. Elle voyage dans toute la Birmanie. En 1990, la ligue nationale pour la démocratie gagne les élections législatives, les partis d'opposition remportant plus de 95% des voix. Mais la junte militaire n'est pas décidée à se retirer, tout en affirmant que la démocratie pourra être instaurée quand le pays y sera prêt.

Les arrestations se succèdent, beaucoup meurent dans des conditions de détention dramatique.

Aung San Suu Kyi obtient le prix Nobel de la paix en 1991, mais il ne lui sera remis qu'en 2012 car elle ne peut sortir du pays. Elle parle régulièrement à ceux qui viennent l'écouter, quand la rue de l'université qui mène à la maison familiale est ouverte. Elle parle aussi bien santé que nourriture, littérature ou politique, incitant chacun à réfléchir avant d'agir et à éviter les idées extrémistes.

Elle souffre elle-même de nombreuses privations et de l'absence de soins, soulignant toutefois qu'elle bénéficie du luxe inoui d'être chez elle alors que beaucoup de ses compagnons sont détenus à la prison d'Insein, tristement connue.élèbre pour ses conditions de détention.

Chaque année, son assignation à résidence est reconduite. En 2007, alors que de nouvelles émeutes éclatent dans le pays, elle salue une délégation de moines protestataires et poursuit son combat, dénonçant le régime et ses abus.

En 2010, elle est libérée, mais ne peut s'éloigner de Rangoon.

Mais le régime en place semble accepter peu à peu le dialogue, peut-être parce que la Dame a appelé depuis des années à des sanctions économiques de la communauté internationale vis-à-vis d'un régime qui bafoue les droits de l'homme les plus élementaires.

De nouvelles élections législatives ont lieu en 2012. La Dame devient députée. Les investisseurs étrangers reviennent peu à peu.

Elle ne peut toutefois se présenter à la présidence de la République en 2015, car elle est mariée à un étranger.

Un long chemin vers la démocratie

Aung San Suu Kyi siège depuis 2012 au Parlement birman. Aujourd'hui, son parti y entre en force. Cette élection a été une immense vague d'espoir, mais le chemin à parcourir est tout aussi grand.

Respect des droits de l'homme, réconciliation nationale. Dans un pays où des années de dictature ont semé défiance et délation, où l'unité nationale a été maintenue de force, avec de nombreuses exactions envers les nombreuses minorités, l'accès à ces deux principes promet d'être un long chemin semé d'embûches.

Minorités en Birmanie

Minorités en Birmanie

Par ailleurs, les généraux sont toujours là (ils occupent d'ailleurs encore un quart des sièges au Parlement) et la perénité de la démocratie semble en elle-même fragile.

Pourra-t-elle endiguer la corruption? Faire profiter les birmans des matières premières abondantes dont dispose le pays? Eradiquer la pauvreté (le PIB par habitant yest de 1370 USD)? Contribuer à assurer la paix dans le pays? Et oeuvrer à son développement social et économique?

La Birmanie profite du dynamisme économique de ces voisins. Elle est membre depuis plusieurs années de l'ASEAN (marché commun de l'Asie du Sud Est).

Tout semble possible à ce jour, mais le chemin sera long pour la Dame de Rangoon, dont la santé a été bien perturbée par des années de rétention... Aura-t-elle la force de conviction de Nelson Mandela pour éviter le pire et engager son pays dans le voie des réformes?

Elle a engagé une politique de petits pas, de dialogue. Elle dispose désormais d'une majorité pour avancer, chaque victoire devant être négociée et confortée pour ne pas être remise en cause très vite.

Aung San Suu Kyi n'est ni une sainte, ni une déesse. Ce n'est qu'une femme qui a engagé toutes ses forces dans un combat qui semblait bien illégal, dont chaque pas s'appuie sur un mouvement plus large, une ligue capable de poursuivre ses efforts et de réaliser le rêve de cette femme à la volonté de fer derrière une silhouette frêle et gracile : faire de la Birmanie une démocratie

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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 07:08
Un an depuis l'assassinat de Boris Nemtsov

Il y a un an, une des voix de l'opposition russe se taisait, abattue devant les murs du Kremlin.

Le parcours de cet homme a depuis été largement présenté par les médias. Physicien de formation, entré en politique pour s'opposer à la construction d'une centrale, réformateur et successeur pressenti de Boris Elstine, il était notamment le lien entre la Russie et l'Ukraine, militant pour que la paix puisse réeellement s'imposer dans cet Etat, dont une des caractéristiques est d'avoir été le berceau de l'empire russe.

Est-ce pour cette dernière raison qu'il a été tué? Un livre a été publié en France ces derniers jours, reprenant les notes de Boris Nemtsov sur la présence de l'armée russe en Ukraine, toujours démentie par les autorités.

Un an depuis l'assassinat de Boris Nemtsov

Les hommes qui semblent avoir commis le meurtre ont été arrêtés. Ce sont des Tchètchènes, ce qui invite à s'interroger sur la responsabilité de leur leader Ramzan Kadyrov, auquel Boris Nemtsov a eu l'occasion de s'opposer à plusieurs reprises.

Si les avis sont partagés sur les responsabilités et, si l'avocat de la victime peut désormais consulter les pièces de l'enquête, il semble que, comme pour les autres opposants ou journalistes assassinés ces dernières années, à l'exemple d'Anna Politkovskaïa en 2006 ou de Natalia Estemirova en 2009 les commanditaires ne seront jamais ni clairement identifiés, ni inquiétés...

Le courage se paie très cher dans ce pays... Et la vérité un idéal qui semble inaccessible...

Un rassemblement est prévu à Paris en hommage à Boris Nemtsov le 27 février de 15 à 17h face à l'Ambassade de Russie. Il est probable que d'autres soient organisés dans de nombreuses capitales, notamment à Moscou.

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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 20:31
Dasvidania Boris !

La Russie a enterré aujourd'hui un de ses enfants, un homme de convictions, assassiné sur la place rouge.

Le lieu est hautement symbolique car il incarne le pouvoir et une longue histoire. Il accueille aussi défilés et manifestations, dont celle qui a eu lieu dimanche en hommage à Boris Nemtsov, et à laquelle il aurait dû participer, car elle était prévue à l'origine pour demander la paix en Ukraine et le respect des accords signés.

Cet homme de 55 ans, père de 4 enfants, ancien dauphin de Boris Eltsine, est entré dans l'opposition quand Vladimir Poutine est devenu président. Vice-Président de Boris Eltsine, il a fait payer ses impôts à Gazprom, qui cherchait à s'en exonérer, pour financer des écoles et payer les salaires des médecins et des enseignants.

Depuis, il était devenu une des voix de la raison, face aux excès du pouvoir, économiques et écologiques (Sotchi), géopolitiques aussi. Il défendait la liberté d'expression, payant bien cher ses convictions, auxquelles il est toutefois resté fidèle, dans un Etat où il est difficile d'être démocrate.

Au revoir Boris et merci pour les combats que tu as su mener inlassablement.

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 21:16

 

Parmi les femmes peu ordinaires qui ont marqué notre histoire, j'aimerais rendre un hommage à celle qui a offert aux femmes la possibilité de disposer de conditions décentes pour avorter, notamment avec un soutien médical adéquat, quand cette solution dramatique, qui doit rester un choix ultime, s'impose.

Simone Veil a eu le courage, à la demande de Valéry Giscard d'Estaing, de concevoir cette loi, et surtout d'aller la défendre devant une Assemblée hargneuse qui ne l'a pas ménagée, osant les amalgames les plus indécents.

Mais même blessée, elle a su dignement tenir lors de cette discussion marathon houleuse.

simone-Veil-1974.jpg

 

Car cette femme, revenue de l'enfer d'Auschwitz et de Bergen Belsen où sa mère s'est éteinte, a toujours défendu avec ardeur ses convictions, qu'il s'agisse du droit à l'avortement, des conditions décentes d'emprisonnement des condamnés, ou encore de l'Europe (elle fut la première présidente du Parlement européen).

De nombreux combats, portés par la foi profonde de cette femme et mère de famille en la justice, en la République et ses valeurs. C'est une femme de principes, fidèle à ses convictions, capable d'écouter les autres, avec parfois aussi quelques emportements devenus légendaires.

 

Elle a témoigné de l'horreur du racisme, celui d'hier comme celui d'aujourd'hui, et de ses conséquences les plus délirantes, souvent contre ceux qui trouvent plus simple d'oublier.

 

Un bel exemple de courage et d'humanité.

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 02:08

Une journée ne saurait suffire à résumer les combats menés par les femmes pour certaines valeurs essentielles : la dignité, la liberté et la vérité.

Beaucoup, comme leurs compagnons, l'ont payé de leur vie.

Tel est le cas pour Anna Politkovskaia, dont le destin s'est brutalement achevé le 7 octobre 2006.

Anna.png 

 

Cette journaliste était célèbre pour sa liberté de ton, l'intransigeance de son travail,  dont témoignaient ses reportages sur la Tchéchénie. Elle croyait au rôle des médias, à leur indépendance, même si elle en savait le prix, car les menaces et les pressions ont fait partie de son quotidien.

 

Anna était une femme libre, fidèle à ses principes, courageuse et lucide.

 

Ses assassins présumés sont aujourd'hui en prison, mais l'identité du commanditaire reste inconnue. Et depuis ce 7 octobre 2006, la liberté ne cesse de reculer en Russie : d'autres journalistes ont partagé le sort d'Anna, le droit de manifester devient chaque jour plus aléatoire, les sanctions se durcissent contre tous ceux qui osent penser selon leurs convictions propres, de nombreuses associations, notamment celles qui défendent les droits de l'homme sont soumises à des contrôles tatillons, en particulier si elles reçoivent des subsides de l'étranger...

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 08:22

sous-bois0001.jpgChacun de nous connaît dans son entourage, collègues, amis, parents ou enfants, une personne qui soudain a reçu le ciel sur la tête en apprennant qu'elle souffrait d'une maladie grave (cancer ou autre) à l'issue bien incertaine.

Début d'une longue descente aux enfers où se mêlent révolte, incompréhension, angoisse, peur panique aussi, et toujours la douleur. Début d'une longue série de nuits sans sommeil.

Pour certaines de ces personnes, la découverte est brève et la faucheuse rapide. Pour d'autres, un long combat commence, contre la maladie, contre soi-même aussi.

L'hôpital devient un repère central, un lieu d'espoir, d'échanges parfois, mais aussi de souffrance. Il y a les opérations, les traitements lourds et toutes leurs conséquences : chute de cheveux, nausée, fatigue sans nom...

Il y a aussi le regard des autres, cette insupportable compassion comme le soutien sincère face aux difficultés quotidiennes.

Il y a les êtres aimés, tous les projets inachevés... Et un combat quotidien, dur, cruel... Mais chaque minute, chaque jour, chaque mois, chaque année gagnés sont autant de victoires. 

 

Rien ne sera plus jamais pareil... Et chaque jour, le combat se poursuit, avec un courage hors norme.

 

 

(Cet article est illustré par la photographie d'un sous bois vosgien, signée Philippe Moës)

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