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16 mars 2021 2 16 /03 /mars /2021 14:52
Bien plus que l'histoire d'une métamorphose

Selon les éditions, pour ne parler que de la collection poche de folio, la couverture représente soit des macarons, soit cette tortue à la carapace de guimauve : une invitation à la gourmandise, au moelleux, à la douceur?

C'est sans doute oublier trop vite une certaine lourdeur attachée à cet animal quand il se déplace, et la fonction protectrice de la carapace, dans laquelle elle se réfugie quand elle se sent menacée.

Clothilde, le personnage principal du roman, répond à toutes ces évocations.

Enfant disgracieuse, elle a toujours senti dans le regard de sa mère un certain dégoût, qui a renforcé le sentiment qu'elle a d'elle-même, une fille puis une femme trop grosse, moquée cruellement par son entourage, qui dans un sursaut quitte sa famille pour Paris, puis après une agression qui constitue un électrochoc, retourne vivre à Bordeaux, dans l'immeuble de sa tante.

Et ce retour est aussi synonyme de retour à la vie, grâce aux habitants de l'immeuble, naturellement, à l'exemple de Claudie, bientôt sa meilleure amie, ou du petit Léo, ou mandés par la tante, come Sarah et Sophie, qui s'improvisent professeures de sport.

Mais peut-être est-ce plutôt Clothilde qui redonne, avec naturel et toute cette force et cette douceur qu'elle porte en elle, un peu de soleil à des destins souvent plus complexes et tristes que ne le laissent entrevoir les apparences. Les personnages sont attachants avec leurs faiblesses et leurs doutes et le lecteur suit avec plaisir le parcours de Clothilde, son nouveau travail au musée où elle anime des ateliers créatifs pour les enfants, ses longues promenades en bicyclette, et une fin surprenante, mais où il est possible de lire encore la générosité du personnage central, et son talent pour faire en sorte que les autres soient un peu plus heureux.

Une belle découverte.

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12 mars 2021 5 12 /03 /mars /2021 13:48
La féérie florale de Luis Mariano Gonzales

L'article aurait pu s'appeler le sacre du printemps, mais ce serait occulter les autres saisons de Luis Mariano Gonzales.

Ce photographe est un artiste, également critique d'art, qui dispose de plusieurs palettes dans son activité. Et les tableaux qu'il compose emprunte à sa culture cinématographique, dans sa façon de mettre en scène les fleurs qu'il photographie, dans la composition, le cadrage choisi, les couleurs intenses, la luminosité, un résultat qui n'apparaît plus vraiment comme un reflet de la nature, mais qui mérite d'être découvert.

La féérie florale de Luis Mariano Gonzales
La féérie florale de Luis Mariano Gonzales
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8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 13:46
Rosalind Franklin : radioscopie de l'ADN

Rosalind Elsie Franklin s'inscrit dans la lignée des grandes scientifiques du XXème siècle.

Née à Londres en 1920, elle décide à 15 ans qu'elle consacrera sa vie à la science, une petite révolution dans son milieu familial et dans la société de son époque.

Après des études à Cambridge, elle est recrutée par l'association britannique des industriels du charbon. Elle analyse les caractéristiques de ce combustible.

Puis après la guerre, elle part à Paris au CNRS où elle devient une experte de la cristallographie par rayons X. De façon très schématique, cette technique permet de distinguer des produits qui ont la même composition chimique mais dont les arrangements atomiques diffèrent. 

Cette spécialité lui vaut de rejoindre le King's college et d'y travailler sur la structure de l'ADN. Elle réalise notamment la photo 51, qui met en exergue la double structure de la molécule.

 

Rosalind Franklin : radioscopie de l'ADN

En 1951, Rosalind présente le résultat de ses travaux, notamment l'existence d'un type A et d'un type B de l'ADN, la localisation de phosphate et la quantité d'eau présente dans la molécule, autant de données qui fonderont les recherches ultérieures pour en construire un modèle.

En 1953, elle publie l'avancée de ses recherches, alors que Watson, Crick et Wilkins développent dans un article de la même revue leur découverte de la structure en hélice de l'ADN, pour laquelle il recevront en 1962 le prix Nobel.

1953 est également l'année où Rosalind quitte King's college et commence à travailler dans un autre centre de recherche londonien, sur les virus, notamment celui de la polio. Elle meurt cinq ans plus tard d'un cancer, que la science n'a pu lui permettre de surmonter.

 

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2 mars 2021 2 02 /03 /mars /2021 15:50
Un château de contes de fée : Ussé

Les châteaux de la Loire ont souvent inspiré leurs visiteurs. Ainsi, Hergé a créé le château de Moulinsart, acquis par le capitaine Haddock, à partir de celui de Cheverny. Bien avant, Charles Perrault, invité au château d'Ussé, en avait retenu la silhouette pour décrire le château de la Belle au bois dormant.

Ces deux châteaux s'alimentent encore aujourd'hui de l'inspiration qu'ils ont suscité, dans le cadre d'expositions, qui est un peu plus qu'une simple référence à Ussé.

Le conte alimente  le décor de nombreuses pièces dans le donjon, depuis le baptême d'Aurore jusqu'à son réveil par le prince charmant en passant par la quenouille et les principaux points d'attention de l'histoire imaginée par Perrault.

 

Un château de contes de fée : Ussé
Un château de contes de fée : Ussé

Le château ne se résume toutefois pas au donjon, et le bâtiment central mérite le détour, avec quelques pièces agréables, agrémentées par de nombreux mannequins parés de toilettes de différentes époques. Une plongée dans un passé élégant, qui trouve très naturellement sa place dans ce cadre peu commun.

Un château de contes de fée : Ussé
Un château de contes de fée : Ussé
Un château de contes de fée : Ussé
Un château de contes de fée : Ussé
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24 février 2021 3 24 /02 /février /2021 22:52
L'Europe est une épopée

"C'est cela que nous voulons :

Que l'ardeur revienne.

Que l'Europe s'anime,

Change, 

Et soit,

A nouveau, 

Pour le monde entier,

Le visage lumineux

De l'audace,

De l'esprit,

Et de la liberté"

Ce sont les derniers mots de "Nous l'Europe", un chant d'amour pour un continent à réinventer, pour des terres qui ont connu toutes les folies des peuples, folies auxquelles la raison a voulu mettre fin en construisant l'Europe. Mais cette réalisation a été peut-être trop loin des peuples, trop loin de l'épopée qu'est l'histoire de ce continent, dont Laurent Gaudé nous livre une histoire exaltée qui commence au XIXème, et se poursuit aujourd'hui où il appartient à chacun de donner un peu de chair et d'âme pour éviter de retomber dans les erreurs du passé, de sombrer dans les divisions, de ne penser le monde qu'en terme de domination.

Ce plaidoyer pour un renouveau de l'Europe est né des sursauts du populisme en Europe, du Brexit...

Il peine un peu au démarrage mais est vite emporté par le souffle épique de l'auteur, qui s'efforce de parler pour toutes les Europes, même s'il reconnaît n'avoir réussi qu'à être une voix française, qui n'aspire qu'à être accompagnée par d'autres voix, d'autres langues.

Une belle réflexion sur l'Europe et son avenir, qui sera celui que nous saurons lui écrire, et un très beau texte.

 

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18 février 2021 4 18 /02 /février /2021 21:31
Traces délicates et gourmandes

Dans un horizon enneigé, il semblerait qu'un petit visiteur soit passé.

Mais les apparences sont trompeuses. Il n'y a pas de neige sur la photographie et le relief est celui d'un gâteau glacé, délicatement mis en scène par Sonia Verguet, un des grands noms du design culinaire en France.

Le froid est bien au rendez-vous, un peu de poésie aussi .

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15 février 2021 1 15 /02 /février /2021 17:50
Le fantôme de la montagne de Vincent Munier

La panthère des neiges est un animal difficile à observer, capable de se fondre dans son environnement : un défi de taille pour un photographe animalier, joliment relevé par Vincent Munier qui saisit la grâce féline et la fragilité  de ce "fantôme des montagnes".

Une ode à la beauté de la nature, bien loin des braconniers qui déciment l'espèce, recherchée pour sa fourrure.

Le surnom de cette panthère se comprend encore mieux avec la photographie suivante.

Le fantôme de la montagne de Vincent Munier
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11 février 2021 4 11 /02 /février /2021 12:28

Chambord est régulièrement mis à l'honneur sur ces pages, qu'il s'agisse de vous le présenter sous un blanc manteau de neige (http://writings2.over-blog.com/2018/03/blancs-chateaux-en-val-de-loire.html) ou plus globalement à l'occasion des inondations de 2016 et de leurs effets qui avaient conduit à une sollicitation de la fondation du patrimoine (http://writings2.over-blog.com/2016/06/la-magie-de-chambord.html).

Aujourd'hui, j'aimerais évoquer les toits de ce château royal, pas ce qui est visible à tous les visiteurs (terrasses et cheminées), mais ce qui se cache sous l'ardoise des tuiles : la charpente.

Les toits de Chambord

Il est assez rare de pouvoir découvrir ces charpentes.

Sans avoir les qualités d'un guide ni même le talent de me souvenir de toutes ces petites anecdotes qui transforment une visite, je vais essayer de vous les présenter.

Pour cela, remontons au XVIème siècle. Les travaux du château commencent vers 1519. Le chantier va durer quelques années et c'est vers 1555 que le gros œuvre est achevé.

La couverture du donjon, qui abrite la chambre ou plus exactement les appartements de la reine, est réalisée au cours des années 1530. La couverture a été posée à la fin de la décennie. Plusieurs centaines de milliers de plomb sont alors utilisés et il semblerait que certains éléments de la toiture étaient, à l'origine, dorés.

Mais tout le château ne bénéficie pas du même soin. L'aile de la chapelle est, en effet, couverte bien plus tard. Dès 1556, une charpente était posée, mais faute d'être couverte, elle n'a pas duré très longtemps.

A la mort de François 1er, en 1547, seuls les murs et les colonnes de la chapelle sont debout. Henri II fait poursuivre les travaux. Il meurt en 1559. Et les travaux sont abandonnés. C'est finalement Louis XIV qui fait réaménager les appartements royaux et qui commande à son architecte de couvrir la chapelle.

Cet architecte a pour nom Hardouin-Mansard. Et comme la nef de la chapelle déborde de la tour, la couverture ne va pas de soi. En 1684, les plans sont dressés. Une nouvelle charpente est construite, sorte d'immense panier inversé, et la toiture est enfin mise en place.Une jolie prouesse technique et un lieu impressionnant à découvrir.

C'est également sous une charpente (mais avec tous ces escaliers, je ne sais plus vous préciser où exactement) que se cache un cadeau offert par la Chine, une reconstitution d'une taille certaine de la Cité interdite. Et voici une nouvelle énigme à découvrir dans ce château extraordinaire...

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3 février 2021 3 03 /02 /février /2021 19:00
L'architecture s'invite en cuisine avec Dinara Kasko

Tous les chemins mènent à la pâtisserie...

Pour Dinara Kasko, le point de départ est l'architecture et le design. La conception en 3D l'intéresse particulièrement et quand elle réalise que ce qu'elle souhaite avant tout, c'est cuisiner, c'est tout naturellement qu'elle exploite ses talents.

Elle conçoit ainsi de surprenants moules à gâteaux, à partir desquels elle réalise des gâteaux aux formes géométriques. En voici quelques exemples.

L'architecture s'invite en cuisine avec Dinara KaskoL'architecture s'invite en cuisine avec Dinara Kasko
L'architecture s'invite en cuisine avec Dinara KaskoL'architecture s'invite en cuisine avec Dinara Kasko
L'architecture s'invite en cuisine avec Dinara KaskoL'architecture s'invite en cuisine avec Dinara Kasko
L'architecture s'invite en cuisine avec Dinara KaskoL'architecture s'invite en cuisine avec Dinara Kasko

Des pâtisseries qui attirent l'attention.

Je n'ai pas testé les recettes. Certaines sont toutefois disponibles sur le site de Dinara Kasko, qui vend également des moules 3D en silicone (de l'ordre de 35 dollars l'unité).

http://www.dinarakasko.com/

Et bien sûr, vous pouvez y aller simplement par curiosité et découvrir d'autres créations.

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27 janvier 2021 3 27 /01 /janvier /2021 23:43
Publicité monumentale

Ce portail monumental (de 12 mètres sur 10) se dresse square Félix Desruelles, au pied de l'église Saint Germain des Près. Tout de grès, il associe des couleurs harmonieuses, orange, bleu/vert, beige et des sculptures représentant des végétaux, fleurs et fruits dans la pure tradition de l'Art Nouveau. Un médaillon de femme et un bas relief complètent l'ensemble.

En haut de l'édifice, deux dates (1530 et 1900) et un nom : Sèvres.

 

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La dernière date confirme, s'il en était besoin, le caractère Art Nouveau du portail. Elle évoque aussi la grande époque des expositions universelles. La signification de la première date m'échappe.

Le nom et les couleurs, les matériaux utilisés, la finesse des décors, tout est apologie d'un savoir faire ancien, celui de la Manufacture de Sèvres. Et le médaillon de femme au centre du portail n'est autre que l'allégorie de cet art de la céramique et de la poterie.

Deux évocations qui, une fois articulées, donnent la clé de l'énigme. Car ce portail est ce qui reste du pavillon des manufactures françaises, vitrine du savoir-faire, érigé près des Invalides pour l'exposition universelle de 1900. Il a été réalisé par l’architecte Charles Risler et le sculpteur Jules Coutan et façonné dans les ateliers de la Manufactures de Sèvres.

Trop beau sans doute pour être détruit, il devient propriété de la ville de Paris en 1901 et est installé en 1905 à la place qu'il occupe toujours. Une belle surprise dans le quartier de Saint Germain, à découvrir avant de visiter l'église puis de s'attabler juste en face pour prendre un café aux deux Magots, quand les habitués et les touristes se réapproprieront les chaises occupées depuis des mois par d'énormes ours en peluche.

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