Dans l'Allier se dressent d'étranges tuyaux de pierre, appelés parfois des orgues volcaniques ou basaltiques sur lesquels joueraient quelques musiciens extraordinaires.
A Chilhac, le terme de cheminées correspond mieux à une des histoires qui en expliquent l'origine.
Le village était alors occupé par des charbonniers, dont le travail était rude car il pénible de fabriquer du charbon de bois. Un jeune garçon eut toutefois l'idée d'employer à ce labeur les
démons de la forêt. Il se rendit dans une clairière avec tous les enfants du village et promit aux diables les âmes de tous ces innocents en échange de leur travail.
Le marché fut rapidement conclu et de longs dômes de bois, munis d'une cheminée étroite pour favoriser leur combustion, se dressèrent bientôt dans la clairière. Mais quand les diables demandèrent leur "salaire", les enfants se glissèrent dans les étroites cheminées dont ils ressortirent alors que leurs poursuivants y restèrent coincés.
Le feu fut mis au tas de bois et les démons se transformèrent en pierres durant la combustion, adoptant la forme de ces longs tuyaux dans lesquels ils étaient prisonniers. Lorsque le charbon fut récupéré, quelques jours plus tard, il ne restait plus que ces cheminées de pierre dressées les unes contre les autres.
En introduction du thème du mois, deux tableaux de Van Gogh peints en 1890 à quelques mois d'intervalle.
Ils représentent des
toits de chaume. Les maisons sont modestes, sans doute celles de paysans que l'artiste a souvent peints, peut-être influencé par l'oeuvre de Millet.
On y retrouve les tracés qui caractéristisent van Gogh, ces lignes qui insuflent l'énergie, les couleurs qui donnent vie au tableau.
L'impression qui se dégage des deux tableaux n'est pas du tout la même.
La luminosité du premier, dû sans doute au bleu du ciel, a disparu. Ne reste que cette chaume qui semble tout submerger...
Quelques centaines de milliers de croix qui se dressent vers le ciel. Tel est le spectacle offert par la colline des croix au nord de la Lituanie.
Si toutes les régions ont
leurs légendes, l'Auvergne se singularise par le récit de sa création.
Cette terre volcanique trouverait son origine dans la damnation des anges qui sont révoltés contre Dieu. Ce dernier, furieux, aurait ouvert une brèche dans la terre, y aurait allumé de terribles
feux et y aurait précipité les insoumis, avec Lucifer à leur tête. puis il les aurait enfermés dans les profondeurs de l'Enfer.
Plus tard, quand les hommes sont apparus, il se serait montré plus clément et aurait permis à ceux qui étaient désormais démons (les anges déchus), de creuser quelques trous dans l'écorce terrestre pour mieux respirer et échapper ponctuellement à la terrible fournaise.
Ainsi seraient nés les volcans d'Auvergne...
Dieu aurait toléré que les démons rencontrent parfois les hommes, voire que quelques âmes soient corrompues...
Ces dommages collatéraux
auraient toutefois semblés bien légers à Lucifer qui ne rêvait que de brûler le Ciel avec le feu issu des volcans.
Ces derniers auraient donc été brusquement éteints par une divine pluie torrentielle. De l'eau ruisselle encore mais le feu est redevenu souterrain...
Il subsiste de merveilleux paysages, notamment autour de la chaîne des puys, avec ici les photographies de Stanislas Fautré .
Pour poursuivre la promenade en barque de ce mois, je vous propose de quitter les côtes de l'hexagone pour découvrir les couleurs chatoyantes des Luzzu.
Le luzzu est une barque ou plus exactement un petit bateau de pêche. On le rencontre notamment à Marsaxlokk, un port pittoresque de l'île principale de Malte.
Il porte un oeil qui est supposé avoir le pouvoir de porter chance au pêcheur. Ses couleurs ont également une symbolique : le bleu pour l'eau, le jaune pour le soleil, le vert pour renforcer la chance et le rouge, plus discret, pour souligner le courage de ceux qui partent en mer.
Le camouflage n'a pas
suffi...
Ils m'ont repéré et se sont servis de mon doux pelage pour faire une maison en peau de lapin...
Heureusement, ils n'avaient qu'un appareil photo et beaucoup d'idées.
Ils, ce sont les
architectes du studio Monk. La maison a pour nom Laren, comme la commune où elle se dresse, quelque part aux Pays Bas.
C'est une grande maison, avec de grandes fenêtres pour laisser entrer la lumière et qui comprend même un solarium.
Le plus surprenant, c'est surtout ce pelage protecteur qui recouvre les murs extérieurs.
Bien sûr, son origine n'est pas animale. Il s'agit simplement d'un assemblage de joncs, qui a un certain cachet et fait illusion.
Après la découverte de La chapelle de la jambe de fer , au détour d'un chemin de randonnée dans les Vosges, je vous invite à découvrir un édifice religieux plus imposant, une merveille de l'art roman qui se dresse à Issoire en Auvergne.
Je suis tombée sous le charme de ses couleurs vives, comme elles existaient peut-être au Moyen-Age, et dont la restauration d'autres églises s'est inspirée.
Mais ne précipitons pas la visite...
Saint
Austremoine doit son nom au martyr qui a évangélisé la région en 250 et créé un premier monastère à Issoire en 260, où il a été tué.
Le bâtiment lui a survécut un peu plus de 200 ans avant d'être détruit par les Wisigoths. L'abbaye actuelle, qui cotôyait aussi un monastère, a été construite vers 950. Comme beaucoup d'églises, elle n'a pas été épargnée par le temps, notamment par les guerres de religion et la révolution. Mais elle a toujours été rebâtie.
Saint Austremoine mesure plus de 65 mètres de long, pour une hauteur de quasiment 19 mètres sous voûte qui atteint 23 mètres sous la coupole, dont la forme se retrouve dans d'autres églises romanes d'Auvergne, notamment à Clermont Ferrand.
Le chevet y est joliment décoré. Il est orné d'un zodiacal complet, des symbôles plus paiens que religieux.
Les signes du zodiaque représentés ici semblent être
le bélier et le taureau.
L'intérieur de l'église a été peint en couleur entre 1857 et 1860 par Anatole Dauvergne, avec une dominante rouge très marquée, que je vous laisse apprécier.
Ces colonnes et chapiteaux appartiennent au choeur, qui mérite bien d'être vu dans son ensemble.
Depuis 2006, elles trônent majestueuses
dans le hall de la bibliothèque François Mitterand à Paris, ou si vous préférez à la Bibliothèque Nationale de France.
Ce sont deux immenses sphères de 4mètres de diamètre, qui pèsent plus de deux tonnes chacune. Difficile donc de ne pas les voir et de résister à l'envie d'admirer de plus près ces globes de Coronelli.
Vincenzo Coronelli est un cosmographe vénitien du XVIIème siècle. A la demande du cardinal d'Estrée, il a réalisé pour Louis XIV ces deux globes, l'un représentant la terre, l'autre le ciel.
C'est un travail qui est réalisé sur une vingtaine d'années, avec la collaboration de nombreux scientifiques et de nombreux artistes.
Le globe terrestre surprend par la richesse de ses détails. De nombreux cartouches et des fresques, fabuleuses ou exotiques souvent, ornent chacun des grands territoires représentés. En mer, les scènes maritimes se succèdent, surplombant une dédicace au roi Soleil.
Le globe céleste est tout aussi surprenant. Il représente la carte du ciel en plaçant les planètes dans le position qu'elles occupainet lors de la naissace du roi (5septembre 1638). Les étoiles y
sont regroupées en constellations. A celles connues depuis l'Antiquité (notamment celles du zodiaque) s'ajoutent celles découvertes au XVIème siècle, à l'exemple de la Licorne ou de la
Grue.
A défaut de compétences suffisantes en
astronomie, on peut admirer ce bestiaire fabuleux.