La soupe, à travers les âges et dans différents pays, joue un rôle important dans l'alimentation humaine. Elle a donc trouvé tout naturellement sa place dans les arts de la
table, de la cuillère à la vaisselle la plus fine.
La porcelaine de Limoges s'est mise au service des convives pour leur présenter la soupe ou le bouillon dans les plats les plus délicats, jusqu'à la Cour de Louis XIV et plus tard à la table de l'Empereur.
Les bouillons couverts, ces "bols" individuels où la soupe était servie et consommée, donnent lieu à une grande diversité de motifs.
Il en est de même des soupières, parfois blanches avec simplement un motif gravé, des anses ou couvercles ouvragés, des dessins peints selon l'époque, avec ici un modèle du début du XXème siècle.
On n'en savoure que davantage le contenu, chanté notamment par Scarron.
Quand on se gorge d'un potage,
Succulent comme un consommé,
Si notre corps en est charmé,
Notre âme l'est bien davantage.
Une horloge qui rappelle la première fonction du lieu. Bienvenue à Orsay!
Cette gare a une histoire peu commune. Construite entre 1898 et 1900, elle bénéficie d'un soin particulier pour s'intégrer à son environnement, notamment à son vis-à-vis qui n'est autre que le Louvre.
C'est un véritable défi technique car il faut éviter les inondations quand la Seine quitte son lit, mais cette gare accueille pendant plus de trente ans la fine fleur de Paris, pour des voyages vers l'Ouest, notamment Orléans comme le rappelle ses façades, mais aussi pour diverses réunions dans ses somptueux salons.
La gare ne résistera toutefois pas à l'afflux de
voyageurs, à la suite notamment de la loi de 1936 sur les congés payés. Ses quais trop courts ne permettent pas d'allonger la taille des trains en y ajoutant des wagons
supplémentaires.
Petit à petit, son trafic est organisé dans d'autres gares et Orsay aurait du être détruite en 1970. Mais l'intérêt croissant pour l'architecture du XIXème siècle permet de la faire inscrire aux Monuments historiques.
Bien entendu, sachant que le bâtiment est conservé, la question de son usage se pose rapidement. En 1977, la gare se voit dotée d'une nouvelle mission : elle abritera désormais les oeuvres d'art, notamment celles réalisées entre 1870 et 1920. Des travaux sont nécessaires pour restaurer le bâtiment et organiser une muséographie adaptée. Ce sera chose faite en 1986.
La Cour des Comptes est une vénérable vieille dame, créée en 1807 par Napoléon, mais de fait héritière des cours des comptes de l'Ancien Régime (celle de Paris et les 12 régionales, qui toutes connaissent leur apogée vers le XVIème siècle).
Sa mission consiste à contrôler le bon usage des deniers publics, et ses rapports font régulièrement la une de la presse.
Mais il est temps de franchir la porte et de découvrir le Palais Cambon où la Cour est installée depuis 1912. Le palais, conçu spécialement pour elle, était au début du XXème siècle considéré comme un exemple de modernité avec ses radiateurs, son accès à l'électricité...
Auparavant, la Cour avait été logée à divers endroits, notamment à Orsay avant que le bâtiment soit incendié par la commune et que la nouvelle gare, aujourd'hui musée, y soit construite.
La porte donne accès à des escaliers, aux rampes admirables, et à une cour centrale, dite Cour d'honneur.
Des rangées de bureau s'ouvrent sur chaque aile, dont l'intérêt architectural ne justifie pas plus ample présentation.
Quelques pièces remarquables méritent toutefois qu'on s'y arrête.
La première est la grand'chambre. C'est ici que se matérialise le pouvoir de la Cour. Les magistrats financiers s'y réunissent, y prêtent serment, y jugent les comptes... Le premier Président y accueille ses visiteurs de marque et présente le rapport annuel de la Cour.
Ce document est le plus représentatif, mais au fil des années, les missions de la Cour se sont étoffées, ainsi que le nombre de ses publications.
Un autre lieu à découvrir est la galerie de la bibliothèque. Son plafond est décoré d'une fresque, dont je vous laisserai décider de la signification...
Il est également intéressant de regarder les documents accrochés aux murs. A titre d'exemple, cet état de la situation des comptes de l'Etat en 1788...
On y trouve déjà l'état de la dette...
Bonne visite!
Sur le thème de l'eau, je vous propose aujourd'hui une balade irlandaise.
L'île a eu une histoire tumultueuse. Les éléments s'en font parfois l'écho, à l'image de cette tempête au large des côtes du Comté de Mayo. Ecoutez le vent et remontez le temps. Nous sommes en
1798. Dans des conditions météorologiques similaires, des marins français sont venus au secours des insurgés irlandais...
Bien des années plus tard, toujours au large de l'Irlande, ce rocher est sans doute le dernier petit bout de terre que les passagers du Titanic ont dû apercevoir en 1912.
Je ne sais pas si la mer et le ciel se confondaient alors dans ce miroitement...
Ironie de l'histoire, ce rocher a pour nom fastnet. En gaélique, fas a noit voudrait dire adieu. Un dernier au revoir à ceux qui quittaient l'île, fort heureusement pas toujours de cette façon dramatique.
D'autres lieux mythiques ont une histoire plus gaie. C'est notamment le cas de la chaussée des géants, où d'énormes blocs de basalte se dressent vers le ciel. Et plutôt que de parler de l'explication géologique, je vais vous évoquer brièvement la légende, tout en vous laissant admirer la mer nuageuse qui vient lécher ce paysage peu ordinaire et inciter à la rêverie..
Tout a commencé lorsque deux géants, l'un écossais et l'autre irlandais, ont commencé à se défier et menacé de se battre. Pour mettre leur projet à exécution, ils ont construit un passage sur la mer qui les séparait. En voyant l'Ecossais, beaucoup plus grand, arriver, l'Irlandais a demandé conseil à sa femme. Elle l'a alors déguisé en bébé et présenté comme tel à l'Ecossais, prétextant l'absence de son mari.
Voyant la taille du soi-disant bébé, comment ne pas être épouvanté par celle de son père, du moins telle qu'on pourrait l'imaginer?
La ruse fonctionna et l'Ecossais prit la fuite, en détruisant la majeure partie de la chaussée des Géants pour que personne ne puisse le suivre.
Inaugurée en 1908 où s'élèvaient jadis des remparts Vauban, la gare de Metz est un témoignage de l'histoire. Elle est créée alors que la ville est sous domination allemande pour pouvoir transporter rapidement des soldats vers la frontière, tout en affirmant la puissance de l'Empire et de la culture germanique.
Le résultat est un étrange bâtiment de grès gris, quelque part entre le monastère et le palais féodal. Il est toutefois également très fonctionnel et s'inscrit dans la réorganisation urbaine de
la Metz.
C'est aussi le cas aujourd'hui avec le passage qui relie la ville avec le quartier du Sablon où se dresse le centre Pompidou. Cette dernière modification a toutefois moins de caractère...
La façade de la gare s'étend sur plus de 300 mètres. Le plus intéressant réside dans les détails, que le voyageur pressé ne voit plus ou auxquels il n'a pas pas habituellement accès.
Parmi les détails figure à l'extérieur la statue de Roland, qui selon les époques a été le maréchal Haeseler puis le maréchal Foch.
Les colones du bâtiment méritent aussi l'attention. Les chapiteaux sont autant d'indices sur les métiers qui s'exerçaient dans l'enceinte de la gare ou à proximité.
On y trouve ainsi le télégraphiste, ou l'indication du coiffeur, de la salle d'attente des premières classes, la caisse où le voyageur achetait son ticket...
Ailleurs, les différents modes de transport sont mis à l'honneur, le train bien sûr, mais aussi l'automobile le zeppelin, le bateau, la diligence... L'Allemagne a voulu célébrer les moyens
de son expansion.
La curiosité de la gare réside aussi dans son salon de l'Empereur. Guillaume II, qui a, selon la légende, repris les plans du bâtiment, disposait d'un espace, avec un balcon d'où il pouvait saluer la foule. Il pouvait alors rejoindre par un escalier monumental la porte des Allemands.
Cette porte est visible par tous, mais il est rare de se rendre à l'étage pour visiter le salon.
"Une rencontre, c'est quelque chose de décisif, une porte, une fracture, un instant qui marque le temps et crée un avant et un après" Eric-Emmanuel Schmitt
Dans une société où on croise les autres, souvent sans les voir, la rencontre prend une nouvelle acuité. Elle est curiosité et s'inscrit dans le temps, par sa durée mais aussi par sa trace qui la prolonge.
J'ai mentionné sur ce blog quelques rencontres marquantes, dont celle de Raymond Aubrac ( Si la chance était une rencontre ). Il n'est plus là mais j'en garde le souvenir.
Le hasard a placé d'autres rencontres sur mon chemin. D'autres chances, qui perdurent parfois.
Il y a aussi les rencontres dont nous sommes les témoins, d'autant plus belles que l'humour y est présent...
Le Shogun (征夷大将軍) est, entre le XIIème et le XIXème siècle, le dirigeant du Japon. Il incarne la puissance militaire alors que l'Empereur exerce une fonction plus symbolique, en tant que gardien de la tradition et de l'unité du peuple japonais.
La puissance du personnage justifie l'importance de ses palais.
Le palais du Nijô à Kyoto, la capitale historique du Japon, en constitue un bel exemple.
Construit au début du XVIème siècle, il a été conçu comme un ensemble fortifié. Une porte somptueuse accueille le visiteur, dont les détails des motifs méritent de retenir l'attention.
Ce portail franchi, plusieurs bâtiments se précisent.
Le Nijô - jo accueillait le Shogun, mais aussi des troupes.
Deux palais principaux se dressent dans cet espace : le Ninomaru et le palais Hinmaru.
Le premier est celui où le Shogun accueillait ses visiteurs. C'est aussi ici qu'a commencé symboliquement l'ère Meiji en 1868, quand l'Empereur a repris les rênes du pouvoir pour conduire le Japon vers la modernité. Le Shogun a renoncé alors à ses fonctions.
La fin du shogunat donne peut-être encore plus de relief à cette institution, à son histoire et à quelques caractéristiques de ce palais. Un exemple réside dans le plancher perroquet, conçu de telle façon que le moindre visiteur émettait un bruit en marchant, quelle que soit sa discrétion. Cela constituait une façon de déjouer les tentatives d'assassinat sur le général suprême.