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23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 21:53
Les couleurs ont une histoire

... que racontent avec brio Michel Pastoreau et Dominique Simonnet.

"Une couleur, c'est un ensemble de symboles et de conventions". Chacune des six couleurs de base (le blanc, le rouge, le bleu, le vert, le jaune et le noir) a son caractère propre, sa signification, son ambivalence.

Ainsi le rouge, qui symbolise la vie mais aussi le sang et la mort, la mariée (on se mariait en rouge avant le XVIIIème siècle, car c'était la couleur des habits les plus riches et les plus beaux) et la putain (le rouge est aussi le danger, l'interdit et il convient de savoir d'emblée ce qu'est la personne qui porte cette couleur), le divin (la couleur de la robe des cardinaux) et l'enfer.

Le blanc est la lumière, la virginité, l'innocence, mais aussi la vieillesse et la mort (blanc est le linceuil). Vert est le hasard, jaune l'infâmie...

Autant de significations issues parfois du caractère instable de certaines couleurs, le plus souvent de constructions sociales qui ont pu évoluer avec les siècles.

"Le petit livre des couleurs" est un bouquet de bonheurs condensé sur 120 pages, riches d'histoires qui nous font voir autrement nos habitudes et les couleurs qui nous entourent, certaines de nos expressions également (pourquoi rions-nous jaune ou sommes-nous verts de peur?). On peut hésiter à entrer dans cette aventure mais une fois le livre ouvert, on se laisse volontiers emporter. Alors venez faire vous-même le mélange des couleurs...

 

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16 juillet 2020 4 16 /07 /juillet /2020 20:41

Lors du tremblement de terre en Haïti, les ombres sont sorties de la terre pour danser avec les vivants, du moins est-ce ainsi que Laurent Gaudé a raconté le séisme dans Danser les ombres.

Ce phénomène semble également s'être produit à Wroclaw en Pologne. 

La terre s'est affaissée, les pierres se sont fendues et de mystérieux personnages sont apparus.

Danser les ombres à Wroclaw ou les surprenantes sculptures de Jerzy Kalina

Une vieille femme ouvre la marche. Combien sont-ils?

Danser les ombres à Wroclaw ou les surprenantes sculptures de Jerzy Kalina
Danser les ombres à Wroclaw ou les surprenantes sculptures de Jerzy Kalina

... à supposer que tous soient sortis de terre. Leurs vêtements semblent évoquer une autre époque.

La première apparition date en effet de 1977. Le passage avait alors lieu à Varsovie. Il faudra attendre 2005 pour que ces personnages fassent surface à Wroclaw, dans la nuit du 12 au 13 décembre, à l'occasion de l'anniversaire de la loi martiale.

Une vie souterraine, clandestine, qui refait surface? Une ode à la liberté ou à la renaissance?  Au spectateur de trouver sa propre interprétation.?

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9 juillet 2020 4 09 /07 /juillet /2020 20:25

Une photographie de bord de mer prise d'un drone  par kdilliard.

Une façon de célébrer les vacances. La photographie a été prise à 48 mètres de hauteur et il est difficile de savoir s'il s'agit d'un simple bain de mer plutôt fréquenté ou  du départ d'une course. C'est aussi l'occasion d'apprécier les variations de couleurs.

Bord d'océan
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2 juillet 2020 4 02 /07 /juillet /2020 14:54
Une fenêtre remarquable quai de la bataille à Nancy

Plus que la fenêtre à proprement parler, c'est le décor de ses alettes qui attire le regard, une représentation en bleu et or de tournesols en céramique dans un superbe style Art nouveau.

Cette fenêtre appartient à la maison Geschwindammer, du nom de la riche veuve qui l'a fait construire en 1905 sous la direction, ou sans doute plus exactement la maîtrise d'oeuvre, des architectes Henri Gutton et Joseph Hornecker.

Une fenêtre remarquable quai de la bataille à Nancy

Une maison à découvrir au 6 ter du quai bataille, dont le nom rend hommage à la bataille de Nancy en 1477, où Charles le téméraire, qui souhaitait conquérir la Lorraine pour relier ses terres du Nord de la France et de l'Europe à la Bourgogne, a trouvé la mort. Mais ceci est une autre histoire... 

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25 juin 2020 4 25 /06 /juin /2020 11:31
Quand le glaçage devient Art...
Quand le glaçage devient Art...

... C'est sans doute que vous venez de découvrir une réalisation de Ksenia Penkina...

Ce chef pâtissier, qui exerce à Vancouver (Canada),  est qualifiée régulièrement de "reine du glaçage miroir". Elle maîtrise en effet à la perfection la technique qui rend le glaçage particulièrement brillant. Et à ses bases, souvent très sombres, elle ajoute des effets de couleurs dont le rendu est extraordinaire.

Quand le glaçage devient Art...
Quand le glaçage devient Art...

Mais le glaçage, aussi appétissant soit-il, n'est que la finition, la patine qui recouvre un chef d'oeuvre et Ksenia se dit très attentive à la qualité de ses gâteaux et entremets, qui se distinguent aussi par l'association des goûts et l'originalité des alliances. Les fruits y sont très présents, à l'exemple de ce gâteau kiwi-mangue.

Quand le glaçage devient Art...

Et pour le plaisir des yeux, une dernière petite touche sucrée...

Quand le glaçage devient Art...
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18 juin 2020 4 18 /06 /juin /2020 10:31
Promenade dans les jardins de Villandry

La réputation de ces jardins n'est plus à faire. Mais leur réouverture progressive à compter du  16 mai, désormais étendue à tous les jours de la semaine, est un excellent prétexte pour profiter d'une promenade dans ce lieu extraordinaire.

Les jardins ont été créés en même temps que le château, à la fin de la Première Renaissance. Mais ils ont été dénaturés, abandonnés, morcelés en partie jusqu'à ce que Joachim Carvallo, qui acquiert le domaine au début du XXème siècle leur redonne ce qui devait être leur aspect d'origine.

1908 est donc pour les jardins de Villandry  le début d'une seconde renaissance.

 

Promenade dans les jardins de Villandry
Promenade dans les jardins de VillandryPromenade dans les jardins de Villandry

Plusieurs typologies de jardins se côtoient à Villandry.

Les premiers sont les jardins d'ornement. Ils sont structurés en plusieurs salons de verdure. Ce sont des espaces fleuris, colorés, très structurés, avec différentes formes géométriques dont le visiteur pourra s'efforcer de deviner le sens.

Puis vient le jardin d'eau, une belle harmonie entre ce miroir d'eau et le vert de son environnement. Le calme se dégage de cet endroit, même en présence de nombreux visiteurs.

Promenade dans les jardins de Villandry
Promenade dans les jardins de VillandryPromenade dans les jardins de Villandry

Le visiteur découvre ensuite la géométrie du potager. Et les plantes qui semblent les plus ordinaires peuvent révéler de surprenantes symphonies de formes et de couleurs.

Promenade dans les jardins de Villandry
Promenade dans les jardins de Villandry
Promenade dans les jardins de Villandry
Promenade dans les jardins de Villandry

Vous pourrez aussi tester vos connaissances en plantes médicinales dans le jardin des simples, vous perdre peut-être dans le labyrinthe... Ou simplement prendre le temps de vous arrêter pour mieux savourer ces magnifiques jardins.

La visite du château est encore limitée. Si vous souhaitez la faire en même temps que le jardin, pensez à vous renseigner.

 

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11 juin 2020 4 11 /06 /juin /2020 20:36
Photographie A. Attini

Photographie A. Attini

Le terme de "querelles" est sans doute léger compte tenu de la violence des conflits qui ont opposés les Guelfes et les Gibelins et qui sont à l'origine de cette place. conflits qui naissent au tout début du XIIème et prospèrent au siècle suivant.

Au XIème et XIIème siècle, Florence s'est progressivement émancipée de l'influence de l'empereur, jouant notamment le pape Grégoire VII contre l'empereur Henri IV, à qui l'entrée de la ville est interdite en 1097.

Elle se développe démographiquement (la ville compte 30 000 habitants à la fin du XIIème siècle) et économiquement, acquiert quelques privilèges et se dote d'un gouvernement qui associe noblesse et bourgeoisie dans un équilibre souvent précaire.

Mais il est difficile d'ignorer les puissances étrangères, notamment l'Empire germanique que revendiquent à la fois Othon de Brunswick (que soutiennent les Guelfes) et Frédéric II de Hohenstafen (dont les partisans sont les Gibelins).

Parmi les grandes familles de Florence, un relatif équilibre en nombre existe entre Guelfes et Gibelins.

En 1216, la guerre éclate, sous un prétexte sans lien apparent avec la succession impériale, avec le meurtre d'un jeune noble (Buondelmonte dei Buondelmonti) qui a refusé d'épouser la jeune fille qui lui était promise et lui en a préféré une autre, d'un clan rival.

Les deux camps s'opposent violemment et si les Guelfes finissent par l'emporter, les vainqueurs se succèdent au pouvoir, exilant ou tuant les vaincus et détruisant leurs somptueux palais.

En ces lieux, rien ne doit renaître.

C'est ainsi qu'est née la place de la Seigneurie.

 

Photographie panoramique Matthias Kabel

Photographie panoramique Matthias Kabel

Il est impossible de visiter Florence sans traverser cette place, autour de laquelle, ironie de l'histoire ou fruit de la situation géographique,  ont été construits de nombreux bâtiments qui incarnent le pouvoir, dont le palazzo Vecchio, au beffroi caractéristique, construit entre 1299 et 1314,qui a abrité le gouvernement de Florence.

Il a également été un temps la résidence de Cosme 1er de Médicis avant de retrouver sa fonction gouvernementale. Ce palais est encore pour partie l'hôtel de ville. 

Une belle alliance entre les arts et le pouvoir.

 

Une place née de vieilles querelles florentines

La place de la Seigneurie a été le témoin de l'histoire tumultueuse de Florence.

Elle est aujourd'hui beaucoup plus paisible, même si elle attire de nombreux visiteurs et accueille encore nombre de rassemblements.

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4 juin 2020 4 04 /06 /juin /2020 07:44
Un chat dans la gorge

Une drôle d'expression pour traduire une gêne dans la gorge, une voix qui peine à s'affirmer pleinement dès les premiers mots.

Dans la plupart des pays européens, pour traduire cette gêne à parler, les gens ont "une grenouille dans la gorge". C'est moins joli, mais cela a l'avantage de traduire plus directement l'aspect gluant de ce qui obstrue les voies digestives ou respiratoires.

Autre pays, autres mœurs? 

Il semblerait plutôt que l'expression française soit issue d'un glissement linguistique, une erreur ou un trait d'humour.

En effet, l'expression d'origine serait avoir "un maton dans la gorge", le maton se transformant en matou, et donc en chat.

Mais qu'est-ce que ce maton? Le mot est resté dans la langue française, avec un registre toutefois limité à la production de papier (amas de fibre pouvant provoquer une rupture) ou le travail de la corde ou de la laine (cardage), toujours dans son sens d'amas ou de condensé de matière dont on se serait bien passé. C'est aussi un gardien de prison, sans que je ne puisse expliquer le lien entre les deux sens du terme, ce dernier terme étant sans doute plus proche du verbe mater (celui qui surveille et qui punit le récalcitrant).

Ici, c'est le premier sens qui nous intéresse et cet amas aurait été à l'origine celui du lait, notamment du lait caillé, qui empêche d'ingérer normalement la nourriture.

D'ici à la touffe de poils, il n'y a qu'un pas et le maton est devenu le chat qu'on connaît aujourd'hui, tout de même bien plus mignon que la grenouille...

 

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 16:03
L'immeuble Félix Potin rue de Rennes à Paris

Changer ses habitudes de déplacement permet de découvrir des bâtiments originaux dans les rues de Paris.

L'immeuble Félix Potin est une de ces curiosités, qui attire immanquablement l'oeil du passant, par la taille du bâtiment, par son style Art nouveau et par le campanile qui le surplombe et arbore le nom du premier occupant.

C'est toute une époque qui s'impose à cette évocation dans notre imagination, pas nécessairement vécue puisque la marque a disparue en 1995 après une longue période où la société a périclité.

Restent des publicités, des objets très "vintages" et l'image de cet épicier qui a bouleversé sa profession et contribué  au développement des grandes surfaces alimentaires et de la livraison à domicile.

L'immeuble Félix Potin rue de Rennes à ParisL'immeuble Félix Potin rue de Rennes à Paris
L'immeuble Félix Potin rue de Rennes à Paris

Félix Potin s'installe comme épicier en 1844. Il défend l'idée de produits accessibles à tous, développant même certaines filières, ce qui limite les marges des intermédiaires. En 1870, il refuse de profiter du siège de Paris pour augmenter ses tarifs et achète un des éléphants du zoo de Vincennes qu'il débite pour alimenter sa clientèle...

Son fils poursuit le développement de la marque, et multiplie le nombre de magasins dans Paris. Celui de la rue de Rennes est ouvert en 1904. Deux ans plus tard est construit à côté de lui le Grand Magasin (aujourd'hui la FNAC, avec un immeuble désormais vitré dans lequel se reflète celui de Félix Potin).

C'est le début des grands magasins, sur lesquels l'Art nouveau a laissé son empreinte (à l'exemple des galeries Lafayette en 1912 qui ont recours au talent de Majorelle et de Grüber pour sa coupole).

Le 140 rue de Rennes est confié à l'architecte Paul Auscher.

L'immeuble Félix Potin rue de Rennes à Paris
L'immeuble Félix Potin rue de Rennes à Paris

On retrouve dans cette façade les arrondis, la forme des fenêtres, les balcons si caractéristiques de l'Art nouveau.

A l'origine, dans ces étages se côtoyaient de multiples  catégories de produits, de l'alimentation à la parfumerie, un rayon traiteur, des espaces de restauration... 

Un lieu à découvrir, entre la tour Montparnasse et Saint Germain des Près.

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25 mai 2020 1 25 /05 /mai /2020 16:59
L'impératrice de Chine

Ce livre se situe entre le roman et l'essai historique.

Son auteur est né en Chine en 1895, mais il a passé l'essentiel de sa vie à l'étranger, puisque, après des études aux Etats-Unis et en Allemagne, l'invasion japonaise et son soutien à Tchang Kaï-chek l'ont contraint à l'exil. Il a contribué à mieux faire connaître la culture traditionnelle chinoise, dont les préceptes de Confucius.

 

Dans l'Impératrice de Chine, il dresse le portrait de Wou Tso t'ien, une femme peu commune, qui a vécut entre 624 et 705 et s'est proclamée Empereur de Chine. Ce personnage continue à marquer les esprits et a inspiré des romans, des films ou séries (dont Empress de C. Newmann), des jeux (Civilizations V).

 

Wou Tso t'ien entre au palais impérial à l'âge de 14 ans, pour devenir une concubine secondaire de T'ai-tsong, second Empereur de la dynastie des T'ang. 

A la mort de T'ai-tsong, en 649, elle aurait dû disparaître de la Cour et vivre en recluse.   Mais contrairement aux mœurs de l'époque, elle parvient à y revenir en qualité de concubine du nouvel Empereur Gaozong. L'impératrice qui y voit un moyen de contrer la favorite, favorise ce retour, mais c'est mal connaître l'ambition qui ronge la nouvelle concubine, qui n'hésite pas à éliminer ses deux principales rivales et à accéder au statut de première Epouse. 

Wou est une femme intelligente, et peu à peu, elle prend les rênes du pouvoir au nom d'un Empereur maladif et effacé. Elle l'isole, élimine les concubines, les conseillers trop indépendants à son goût, et peu à peu les prétendants possibles à la succession.

Rien n'est trop beau pour cette Impératrice qui fait construire des palais, impose une nouvelle magnificience dans les cérémonies, sans considération pour l'état économique, social et financier de l'Empire, et se créé une légende.

Ce dernier trait se développe tout particulièrement après la mort de l'Empereur, Wou se présentant comme une réincarnation de Bouddha et commençant à instaurer pas à pas sa dynastie.

Le régime est implacable, le gouvernement confié à quelques favoris ou autres brutes qui mettent en place une politique de la terreur, dont sait habilement jouer celle qui entend régner sans partage, en maintenant en vie un héritier du trône, qu'elle utilise au besoin pour légitimer certaines actions ou inventer des complots et punir les coupables.

Cette femme est un tyran ordinaire mais le fait qu'elle soit une femme, le pouvoir qu'elle confie à ses amants et sa volonté de détruire la dynastie des T'ang, sont autant de griefs qui contribuent à l'action de quelques dignitaires intègres (car il en reste encore dans la Chine de ce début du VIIIème siècle) , attachés à l'ordre et à la tradition, qui finissent par déposer l'Impératrice et restaurer dans leurs fonctions les rares survivants de la dynastie des T'ang et leurs sympatisants.

 

Ce livre se présente comme un témoignage, celui du petit-fils de l'Impératrice, qui oscille entre admiration et répulsion vis-à-vis de cette aïeule , avec de multiples nuances en réponse aux diverses facettes de ce personnage peu commun. 

 

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